Dans sa lette recherche du second semestre 2020, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) revient sur son plan de riposte mis en place, dans le cadre de la riposte face à pandémie de la Covid – 19.
Selon l’institution bancaire sous régionale, l’année 2020 a été sans doute une année exceptionnelle pour la quasi-totalité des pays dans le monde. La crise sanitaire liée à la Covid-19 a négativement impacté les économies, et pour les pays exportateurs de pétrole, la chute des cours du pétrole observée durant la même période a accentué ces effets négatifs. Ce choc ayant affecté à la fois l’offre et la demande, a appelé une intervention des gouvernements d’une part à travers une politique budgétaire davantage expansionniste, et d’autre part, les Banques centrales à travers une politique monétaire largement accommodante.
Dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), du côté des Etats, outre les mesures barrières édictées pour atténuer la propagation de l’épidémie, plusieurs mesures d’allègements fiscaux, subventions, et dépenses d’investissement dans le domaine de la santé ont été mises en œuvre. Certains pays ont, en plus, mis en place des restrictions de mouvements et couvre-feu qui ont aussi contribué au ralentissement de l’activité.
Une assistance monétaire accrue aux économies de la sous-région
Au vu de l’ampleur des conséquences économiques de la pandémie liée à la Covid-19 et tenant compte du caractère singulier de cette crise, plusieurs banques centrales, essentiellement des pays développés, ont mis en place des mécanismes exceptionnels d’intervention direct allant au-delà des mesures traditionnelles d’assouplissement monétaire.
Dans la CEMAC, le CPM a adopté deux importantes séries de mesures à partir de mars 2020. La première a porté sur l’assouplissement des conditions monétaires. La seconde visait à soutenir durablement la liquidité bancaire et à impacter plus directement les conditions de financement des Etats, sur le marché des titres publics, et du secteur productif. Les mesures d’assouplissement des conditions monétaires visaient à rassurer le secteur productif et les établissements de crédit, en particulier, du soutien indéfectible de la BEAC au maintien de la chaine de production dans un contexte caractérisé par de nombreuses incertitudes.
A ce titre, plusieurs mesures ont été prises : révision à la baisse des principaux taux d’intérêt de la BEAC. A cet effet, le Taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) a été réduit de 25 points de base, en revenant de 3,50 à 3,25 %. Le taux de la facilité de prêt marginal a, quant à lui, été réduit de 100 points de base, reculant de 6,00 % à 5,00 % ; relèvement du montant de liquidités à injecter sur le marché monétaire à 500 milliards FCFA.
La BEAC a ainsi porté le montant des injections de liquidité sur le marché monétaire de 240 à 500 milliards FCFA. Elle s’est aussi engagée à relever ce montant en cas de besoin ; élargissement de la gamme des effets privés admis comme collatéral des opérations de politique monétaire. Les conditions d’éligibilité des créances privées à court terme admises comme collatéral des opérations de politique monétaire de la BEAC ont été allégées ; révision à la baisse des niveaux des décotes applicables aux effets publics et privés admis comme collatéral pour les opérations de refinancement à la BEAC.
Le CPM a acté une réduction de 800 points de base de l’ensemble de décotes applicables aux titres publics admis comme collatéral et suspendu pour une période de 6 mois toute révision à la hausse de ces décotes. En sus de cette première série de mesures, la BEAC a assoupli les conditions d’émission des valeurs du Trésor (délais et calendriers d’émission), et mis à la disposition de la BDEAC une ligne de XAF 90 milliards pour financer les projets d’investissements publics initiés par les Etats membres de la CEMAC, notamment dans le cadre des mesures de riposte face à la Covid-19.
En juillet 2020, le CPM a adopté une deuxième série de mesures d’intervention plus directes, destinées à soutenir durablement la liquidité des banques et à impacter plus spécifiquement les conditions de financement des Etats, sur le marché des titres publics, et du secteur productif. Ces mesures ont consisté en : la réactivation des injections de liquidités à plus longue échéance sur le marché monétaire et la mise en place de mesures d’intervention exceptionnelle sur le marché des titres publics.
Les injections de liquidité à long terme visent principalement à offrir aux établissements de crédit des ressources stables dont ils ont besoin pour compenser la perte des dépôts de la clientèle induite par la crise et couvrir leurs emplois à moyen et long termes, notamment en ce qui concerne l’offre de crédits et la souscription des titres émis par les Trésors publics. La BEAC s’est proposé d’injecter 150 milliards FCFA à l’aide de cet instrument.
S’agissant des interventions exceptionnelles sur le marché monétaire, la BEAC a décidé d’un programme de rachat des titres publics sur le marché secondaire pour un montant maximal de XAF 600 milliards, à raison de 100 milliards FCFA par Etat dans la limite de leurs besoins de financement. Ce programme, qui s’étend du 1er septembre 2020 au 28 février 2021 – ce programme a été prorogé au-delà de février BEAC cible uniquement les obligations du Trésor assimilables, de maturité inférieure à dix ans, survenues à compter du 1er septembre 2020, pour permettre aux Etats de disposer de nouvelles ressources.



















