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La BAD estime les besoins annuels de financement du Gabon à 1,18 milliard de dollars américains pour accélérer sa transformation structurelle

La Banque africaine de développement (BAD) vient d’effectuer une analyse des ressources budgétaires dont dispose le Gabon, à l’effet d’en évaluer l’utilisation, l’efficacité et les lacunes. L’objectif principal étant de déterminer comment mobiliser et valoriser ces ressources de manière plus efficace en vue de faciliter la croissance, la transformation structurelle et le développement durable.

SC par SC
juillet 14, 2025
dans Agro, Assurances, Banques - Finances, Bois, Coopération, Développement, Développement Durable, Devises, Dossier, Droits, Economie, Energie, Entreprises, Evènement, Finances, Finances Publiques, Formation, Gouvernance, Hydrocarbures, Industrie, Infrastructures, Intégration, International, Investissements, La Minute de L'économie, La Une, Marchés Financiers, Transition, Transports - Logistics, Zoom
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La mobilisation des ressources publiques est l’un des principaux challenges des autorités gabonaises. En effet, pour réaliser les énormes chantiers et réformes engagés, le pays se trouve dans l’obligation de construire un matelas financier consistant. C’est dans ce cadre, et après étude, que la Banque africain de développement (BAD) estime à 1,18 milliard de dollars américains les besoins annuels de financement du pays pour accélérer sa transformation structurelle et atteindre, à l’horizon 2030, le niveau des pays en développement les plus performants.

En effet, explique la Banque, « les besoins sont plus importants pour doter le pays en infrastructures, qui représentent 72,2% des besoins estimés (contre 12% pour l’énergie et 11,1% pour l’éducation). Le déficit de financement du Gabon s’établit à 1 milliard de dollars américains, suggérant que les efforts de mobilisation des ressources  ne représentent que 14,6% des besoins du pays. Pour combler ce déficit par des mesures fiscales, le Gabon devrait augmenter son taux de pression fiscale de 4,5 points de pourcentage ».

Des recettes fiscales fortement corrélées à l’évolution des cours du pétrole et prédominées par les impôts directs 

Les recettes fiscales ont observé une hausse de 79,1% entre 2015 et 2024, grâce aux notamment aux efforts de mobilisation de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) (+140%) et à la mise en œuvre des réformes structurelles, comme l’adoption du Code des hydrocarbures de 2019. L’adoption de ce code a, en effet, contribué à la hausse de l’impôt sur les sociétés pétrolières d’une moyenne de 54,1 milliards de francs CFA entre 2015 et 2018 à 262,2 milliards de FCFA sur la période 2019-2024. Les recettes fiscales du Gabon sont fortement corrélées à l’évolution des cours du pétrole et prédominées par les impôts directs (30,4%, dont près de deux tiers d’Impôt sur les sociétés, IS), les droits de douane (27,8%) et les taxes sur les biens et services (18,1%).

 Les recettes non-fiscales représentent une énorme contribution aux recettes publiques 

Quant aux recettes non-fiscales, elles ont représenté en moyenne 40,7% des recettes publiques entre 2015 et 2023. Elles se composent à 72,5% des revenus du domaine pétrolier (redevances pétrolières et contrats de partage) et des revenus des participations qui ont considérablement augmenté depuis 2023, grâce au rachat par l’État des parts de plusieurs entreprises stratégiques (Assala Energy, Afrijet, la Société nationale des bois du Gabon (SNBG), etc.) et à la création d’une Direction  générale des participations à l’effet de mieux gérer les actifs de l’État gabonais. Cette direction a récemment mis en place un Fichier unique des participations (FUP). La BAD estime toutefois que, « Bien qu’elles permettent de renforcer la souveraineté économique, ces mesures doivent être encadrées dans le but de limiter l’intervention de l’État dans la sphère économique et de promouvoir le développement du secteur privé local. L’État providence n’est pas une option de développement viable à long terme. C’est encore plus vérifiable dans un contexte qui est marqué par la réduction des marges budgétaires de l’État et des insuffisances en matière de gouvernance ».

Mobilisation des ressources budgétaires nationales et efficacité des dépenses

Comparé aux pays pairs hors Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le taux de pression fiscale du Gabon est faible (11,9% entre 2015-2024) en dépit un nombre plus important de taxes à payer. Cet état des choses suppose que le pays dispose de marges capables de le conduire à la mobilisation de plus de recettes.

La composition des dépenses publiques sur cette période suggère une utilisation peu efficace des recettes mobilisées. Elles étaient destinées à 60,4% aux dépenses de fonctionnement, dont 35,8% pour les salaires et 13,7% pour les transferts et subventions. Quant aux dépenses d’investissement, elles ont baissé en passant de 423,4 milliards de francs CFA en 2015 à 267,2 milliards de FCFA en 2023, avant d’augmenter à 588, 3 milliards de FCFA en 2024. S’agissant des charges de la dette, elles ont plus que doublé sur cette période.

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