Une mission du Fonds monétaire international conduite par Aliona Cebotari, séjourne à Libreville depuis ce mercredi 25 février 2026. Cette visite qui va s’étaler sur 10 jours, intervient quelques semaines après le changement de position sans équivoque des autorités gabonaises, et leur main tendue vers le Fonds. Cela, dans un contexte où les indicateurs économiques inquiètent les investisseurs. Selon le communiqué officiel, cette mission est consacrée à la collecte et à l’analyse des données macroéconomiques et fiscales du Gabon, étape préalable à toute évaluation approfondie des performances économiques récentes.
C’est le ministre de l’Économie et des Finances, Thierry Minko qui a ouvert le bal des consultations. Les deux parties ont abordé la question des agrégats budgétaires, la trajectoire des recettes publiques, l’évolution des dépenses et la dynamique de la dette. L’objectif affiché étant d’apprécier la solidité du cadre macroéconomique et mesurer les avancées réalisées en matière d’assainissement des finances publiques. Cette séquence intervient à un moment où le Gabon cherche à consolider sa crédibilité financière auprès des partenaires techniques et des marchés.
Les travaux se poursuivront jusqu’au 6 mars, à travers des séances techniques impliquant plusieurs administrations et agences publiques. Cette phase d’examen approfondi s’inscrit dans la continuité du dialogue engagé entre Libreville et le FMI, alors que le pays cherche à renforcer la soutenabilité de ses finances publiques, améliorer la gouvernance budgétaire et sécuriser ses équilibres macroéconomiques à moyen terme.
Risque inhérent ?
Il y a un « risque inhérent » de défaut de paiement au Gabon, a alerté Fitch Rating à la veille de cette visite. En décembre, l’agence de notation américaine a dégradé la note de la dette publique de Libreville à CCC–. Les experts s’inquiètent notamment de « l’endettement excessif » du pays. En cause, selon eux, « l’augmentation des dépenses publiques pour répondre aux pressions sociales ».
Ils estiment que la dette publique atteindra plus de 85% du PIB cette année contre 73% en 2024. Depuis cette dégradation de sa note, le Gabon a changé de ministre de l’Économie. Thierry Minko a rompu avec la politique de son prédécesseur. Quelques semaines après son arrivée, il annonçait la mise en œuvre d’un « programme économique de croissance avec l’appui du Fonds monétaire international ».
C’est précisément dans ce cadre que s’inscrit la visite du FMI. Il s’agit de « collecter des données », précise le ministère de l’Économie, mais pour l’heure, même si des discussions techniques sont en cours, l’institution internationale affirme ne pas avoir reçu de demande officielle de Libreville pour la mise en place d’un programme.



















