Après une transition de deux années (2023 -2025), le Gabon a vu l’avènement de sa 5e République. Dans ses objectifs de développement, le pays a adopté un nouveau Plan national de croissance et développement comme boussole pour les politiques publiques. Ce nouvel instrument de développement est centré sur la croissance, la création d’emplois, les infrastructures et les réformes en matière de gouvernance afin d’améliorer les conditions de vie des populations.
En effet, malgré l’abondance des ressources naturelles du Gabon et sa population peu nombreuse et fortement urbanisée, d’importants défis structurels continuent à avoir un impact sur les conditions de vie. La faiblesse des liens entre le secteur pétrolier et le reste de l’économie contribue à un chômage élevé, en particulier chez les jeunes, dont un tiers est sans emploi. L’incidence de la pauvreté reste persistante. Selon les estimations de la Banque mondiale, environ 34% de la population vivraient en dessous du seuil de pauvreté de 8,30 dollars par jour (en PPA de 2021).
L’économie, fortement dépendante du pétrole, reste vulnérable aux chocs extérieurs. Les défis en matière d’infrastructures d’énergie et de transport, ainsi que les obstacles réglementaires au commerce, compromettent le potentiel de croissance du secteur privé et de création d’emplois de qualité. De nombreux indicateurs de performance en matière de santé publique, d’éducation et d’autres services restent inférieurs par rapport aux attentes pour le niveau de revenu du Gabon.
Les pressions budgétaires se sont accentuées dans un contexte marqué par la volatilité des recettes pétrolières, une baisse projetée de la production pétrolière, de niveaux élevés de la dette et d’accumulation d’arriérés, et les pressions sociales en faveur d’une augmentation des dépenses publiques. La mobilisation des ressources sur le marché financier régional a été davantage compliquée par l’augmentation du taux de pondération des risques imposée par la COBAC en octobre 2024.
Une opération de reprofilage de la dette intérieure en mars 2025 a permis d’atténuer les pressions sur les liquidités à court terme, mais les notes de crédit établies par les agences Moody’s et Fitch ont été revues à la baisse au cours de 2024 et 2025 et l’analyse de viabilité de la dette réalisée par le FMI à la mi-2024 a mis en évidence une viabilité de la dette plus faible par rapport à 2022.
Dans ce contexte, les objectifs ambitieux établis par le projet de loi de finances de 2026, et la forte augmentation prévue dans les investissements publics et les emprunts, pourraient intensifier les risques budgétaires et d’endettement du pays.



















