Malgré un contexte marqué par de nouvelles vagues d’infections à la Covid-19 et la multiplication des variants du virus, le marché des valeurs du Trésor a poursuivi son dynamisme. Il s’est caractérisé par : une poursuite du dynamisme des opérations sur les marchés primaire et secondaire, une baisse des taux de couverture des émissions, et un accroissement des coûts des émissions pour l’ensemble des instruments mobilisés par les Trésors publics.
Le dynamisme du marché des valeurs du Trésor, observé depuis trois ans, s’est consolidé au cours de la période sous revue. En effet, l’encours a augmenté de 17,3% passant de 4 298,01 milliards de FCFA en août 2021 à 5 042,55 milliards de FCFA en août 2022, malgré la baisse des montants levés par les Trésors nationaux revenant à 3 273,7 milliards de FCFA entre août 2021 et août 2022, contre 4 162,5 milliards de FCFA entre août 2020 et août 2021. La part des titres en circulation détenue par les investisseurs institutionnels et les personnes physiques est quant à elle, passée de 6,2% à 15,4% en un an.
Au cours de la période sous revue, le nombre des appels d’offres a progressé de 0,7%, à 288 appels d’offres sur bons et Obligations du Trésor assimilables (OTA) qui ont permis de mobiliser un montant total de 3 273,7 milliards de FCFA, dont 1 790,3 milliards de FCFA en Bons du Trésor assimilables (BTA) et 1 483,4 milliards de FCFA en Obligations du Trésor assimilables (OTA).
Sur le segment BTA, les bons à 26 semaines restent les plus prisés, avec un montant total émis de 1 035 milliards de FCFA, représentant 57,8% du total des émissions de BTA sur la période. L’essentiel des émissions de BTA des Trésors publics de la Guinée Equatoriale (100%), du Cameroun (73,3%), du Gabon (61,4%) et du Congo (53,3%) ont porté sur cette maturité.
Les BTA à 52 semaines arrivent en deuxième position, avec un montant émis de 439,8 milliards de FCFA. Les émissions de bons à 52 semaines ont principalement intéressé les Trésors publics de la Centrafrique, avec 178 milliards de FCFA, du Tchad, avec 92,3 milliards de FCFA, et du Gabon, avec 68,7 milliards de FCFA. Les BTA à 13 semaines sont les moins courues, avec un montant global de 315,4 milliards de FCFA, en majorité émis par les Trésors publics du Gabon (134,5 milliards de FCFA) et du Congo (109,3 milliards de FCFA).
S’agissant du segment des OTA, il a été animé par le Gabon (478,1 milliards de FCFA), le Tchad (344,4 milliards de FCFA), le Congo (327,3 milliards de FCFA), le Cameroun (244 milliards de FCFA), la Guinée Equatoriale (52,9 milliards de FCFA) et la République centrafricaine (36,6 milliards de FCFA) qui ont mobilisé 1 483,4 milliards de FCFA à la suite de 119 adjudications.
Par maturité, les émissions d’OTA sont dominées par les instruments à 3 ans (659 milliards de FCFA), suivi des OTA à 2 ans (421,2 milliards de FCFA) et à 5 ans (278 milliards de FCFA). Les trois instruments cités concentrent plus des trois quart (84,9 %) des montants levés en OTA sur la période sous revue.
Les OTA de 10 ans émis par le Cameroun et le Gabon représentent 1,6% du volume global. La répartition de l’encours des titres par nature des détenteurs finaux montre qu’au 31 août 2022, 78,8 % des valeurs du Trésor sont détenues par les SVT et les autres banques.
Grâce à son programme d’achat des valeurs du Trésor, la BEAC détient 5,8 % des titres. Les placements des investisseurs institutionnels (sociétés d’assurance, fond de pensions, etc.) et des personnes physiques sur ces instruments financiers ont presque triplés en un an, mais restent marginaux, avec 15,4 % de l’encours des Titres.
Cette situation s’explique, entre autre, par : l’inertie des SVT et des banques n’ayant pas ce statut, qui n’enregistrent pas toujours les titres acquis pour les investisseurs dans les comptes dédiés, biaisant ainsi le principe de ségrégation des comptes titres et par la faible culture financière des agents économiques (investisseurs institutionnels et physiques) qui demeurent très peu imprégnés des opportunités de placements offerts sur le marché des valeurs du Trésor.
En pourcentage du PIB, l’encours des titres publics a fortement progressé de 0,1 % en décembre 2011, date de lancement du marché des titres publics, à 3,8 % du PIB neuf ans plus tard. En comparaison avec d’autres places financières, y compris celles des pays en développement, à l’instar des pays de l’UEMOA (11,9 % du PIB) en décembre 2020, il traduit un potentiel énorme de croissance. A fin août 2022, l’encours des titres publics de la CEMAC a représenté 7,4 % de PIB.



















