Selon les récentes mises à jours économiques du Fonds monétaire international (FMI) sur le pays, les conditions macroéconomiques se sont détériorées en raison du choc de la guerre en Ukraine et de la suspension de l’aide budgétaire. Cette situation a eu pour conséquences, l’interruption de la reprise économique après la pandémie et la crise sécuritaire post-2020. Echantillon de quelques repères macroéconomiques
Croissance
Après des résultats en demi-teinte en 2020-21, l’économie devrait connaître une modeste croissance de 0,5 %, imputable essentiellement aux secteurs de la sylviculture, des activités extractives, de l’hôtellerie et des télécommunications. Toutefois, les pénuries de carburant ont eu des répercussions néfastes sur les secteurs des transports et de l’industrie manufacturière.
Inflation
La hausse des prix des denrées alimentaires a poussé l’inflation annuelle globale à 7,6 % en décembre 2022, contre 2,0 % un an plus tôt, soit le taux le plus élevé de la région CEMAC. Les tensions inflationnistes se sont poursuivies au premier trimestre de 2023 compte tenu de la forte augmentation du prix des carburants à la pompe.
Situation budgétaire
Le déficit primaire intérieur a diminué à 4,5 % du PIB (contre 4,0 % dans le budget initial) en 2022, de 5,1 % en 2021. La pénurie de carburant et le ralentissement de l’activité économique se sont répercutés sur la perception des recettes. Les recettes intérieures mensuelles ont chuté à partir du second semestre, passant d’environ 11 milliards de francs CFA à 8,5 milliards de francs CFA. Pour faire face à la baisse des recettes, les autorités ont procédé à un ajustement partiel des dépenses intérieures non prioritaires de 9,5 milliards de francs CFA (0,6 % du PIB). À la fin de l’année, le Trésor avait presque épuisé son solde de trésorerie, avait utilisé une bonne partie de l’allocation de DTS (50,5 milliards de francs CFA), et levé des fonds sur le marché intérieur pour 46 milliards de francs CFA.
Dette publique
Le ratio dette publique/PIB devrait atteindre 51,9 % à la fin de 2022, principalement en raison de l’utilisation du reste de l’allocation de DTS, d’une émission nette d’obligations souveraines de 31,7 milliards de francs CFA et de la dépréciation du franc CFA par rapport au dollar américain.
Stabilité bancaire
Les indicateurs combinés de solidité financière restent globalement adéquats, avec une certaine hétérogénéité, mais les indicateurs de liquidité se sont détériorés depuis la fin de 2021. Les prêts non productifs (PNP) restent élevés, à 14,8 %, à la fin d’avril 2022. Une seule banque commerciale a un ratio d’adéquation des fonds propres se rapprochant du minimum réglementaire et n’a pas encore mis en œuvre de mesures de recapitalisation et de recouvrement des avoirs.
Compte courant
La détérioration du compte courant d’environ 2 % du PIB (pour un déficit d’environ 13,1 % du PIB) en 2022 par rapport à 2021, est principalement due à une dégradation de 9,4 % des termes de l’échange.
Évaluation externe
La position extérieure est nettement plus faible que ne le laissent supposer les paramètres fondamentaux à moyen terme et les paramètres de politiques publiques souhaitables (annexe III), ce qui s’explique en grande partie par l’épuisement des ressources financières et par un manque important de compétitivité, aggravés par les chocs sur les prix des produits de base.



















