Grâce à ses matières premières, et notamment le pétrole, la zone CEMAC devrait un fois de plus tirer son épingle du jeu face à la crise que traverse le monde. C’est l’analyse que fait la BEAC dans son récent Bulletin économique et statistiques.
En effet, la banque centrale commune aux six Etats de la sous-région (Cameroun, Congo, RCA, Gabon, Guinée Equatoriale et Tchad), scrutant la balance des paiements, fait savoir que l’excédent extérieur courant, transferts publics inclus, ressortirait à 4,6 % du PIB en 2022, après un déficit de 1,4% du PIB en 2021, en lien principalement avec l’amélioration des termes de l’échange de + 37,7 %.
La variation du compte courant, en pourcentage du PIB, découlerait principalement d’une augmentation des exportations pétrolières (contribution de + 9,9 points) et non pétrolières (+ 4,3 points).
En particulier, l’on observe une forte hausse des exportations de pétrole brut (+ 66,1 % en 2022 à 16 814,3 milliards), de gaz (141,0 % en 2022 à 2 767,7 milliards), bois (10,2 % à 1045,7 milliards), de manganèse (14,4 % à 832,5 milliards) et de coton (+ 49,2 % à 409,8 milliards).
La contribution des importations (- 4,5 points en 2022 contre – 2,3 points en 2021) découlerait du relèvement projeté des dépenses publiques et de la hausse anticipée des importations des biens de consommation du fait de la poursuite de la reprise des activités économiques.
En définitive, le solde global de la balance des paiements deviendrait à nouveau excédentaire, à 845,5 milliards, soit + 1,2 % du PIB, contre – 3,0 % du PIB en 2020. En points de PIB, cette amélioration serait principalement portée par le redressement du compte courant (contribution de 4,6 points) et la remontée des investissements directs étrangers (contribution de 1,3 points), malgré la diminution des flux nets de capitaux entrants à court terme (- 5,1 points).
L’excédent de la balance des paiements et les financements exceptionnels de 28,8 milliards permettraient d’accumuler des réserves officielles de 874,3 milliards, faisant ainsi passer leur stock à 3,59 mois d’importations de biens et services en 2022 contre 3,55 mois un an auparavant.



















