Le 04 août 2023, l’agence de notation financière américaine, Fitch Ratingsa a révisé les perspectives de la notation de défaut des émetteurs en devises étrangères (IDR) du Gabon à long terme du Gabon à stable de positive et confirmer cet IDR à « B- ». Ce rapport met ainsi en exergue, les points faibles et les atouts de l’économie gabonaise.
Dans le chapitre des points à améliorer, l’agence de notation mentionne les faiblesses persistantes du Gabon en matière de Gestion des finances publiques (GFP) et l’arrêt des réformes structurelles, y compris dans le programme du Fonds monétaire international (FMI), soulevant des doutes sur la capacité du pays à réduire les risques liés à la Gestion des finances publiques.
Quant à la note « B- » attribuée au Gabon, elle est sujette à un équilibre du PIB par habitant élevé du pays. D’autres perspectives sont également pris en compte, à l’instar de ratio dette publique/PIB. Sur ce point, Fitch estime qu’elle restera sur une tendance baissière soutenue par la hausse des cours du pétrole et une meilleure mobilisation des revenus non pétroliers. Dans l’ensemble, l’agence prévoit qu’elle passera de 64,7 % du PIB en 2021 à 55,7 % en 2023. Dans ses analyses, l’agence estime elle estime continuera de baisser à 53,3 % en 2025.
Hausse des recettes pétrolières et non pétrolières
L’agence de notation table également sur une hausse des recettes pétrolières. Représentant en moyenne 36,2 % des recettes totales entre 2018 et 2022, elles devraient augmenter à 38,0 % en 2023 avant de baisser à 29,9 % en 2024 et 2025.
Par ailleurs, la collecte des recettes non pétrolières sera soutenue par la poursuite de la numérisation et des mesures administratives, malgré la lenteur dans la réduction des exonérations fiscales (estimées à 2,6 % du PIB en 2022). En outre, les incertitudes liées à l’environnement international défavorable, la volatilité des prix des matières premières et le ralentissement de l’activité non pétrolière constituent par contre des risques pouvant entrainer la baisse de la collecte des recettes non pétrolières.
Sur le segment des excédents budgétaires, il est prévu qu’ils passeront d’environ 2,2 % du PIB en 2022 à 0,8 % en 2023. Dans cette mouvance, ils continueront de se réduire en 2024 et 2025 à 0,4 % et 0,1 % du PIB, selon Fitch.
Alerte sur le risque de dérapage budgétaire
En raison des élections, les risques de dérapage budgétaire sont devenus importants, souligne Fitch. Ce qui accroît l’incertitude quant à la trajectoire budgétaire. Ce qui pourrait également entraîner une augmentation des dépenses publiques et des retards dans la réduction des exonérations fiscales et des subventions.
Les subventions aux carburants
Estimées à 150 milliards de FCFA en 2022, les subventions aux carburants sont projetées à 45 milliards de FCFA dans le Loi de finances 2023. L’agence prévoit également la hausse des besoins de financement budgétaires qui pourraient s’élever en moyenne, à 7,2 % du PIB en 2024 et 2025. Cependant, cette hausse sera couverte par le financement du FMI, dans le cadre de l’appui du secteur public au crédit et au financement intérieur. « A cet effet, le gouvernement devrait peut-être réduire les dépenses, si les sources de financement externes ne se matérialisent pas ou si les revenus sont moins performants », préconise l’agence de notation.
Légère baisse de la croissance
Sur le plan des perspectives de croissance, Fitch prévoit que la croissance du PIB réel du Gabon ralentira de 3,0 % en 2022 à 2,6 % en 2023. Pour son principal pilier de l’économie qui est le pétrole, le pays sera contraint de respecter partiellement son quota de production conforment à l’OPEP+ compte tenu de ses engagements budgétaires.
Malgré tout , « Nous prévoyons que la production de pétrole augmentera en 2023 et 2024 en raison de la mise en service de nouveaux puits, des prix élevés du pétrole et de nouveaux investissements. Cependant, la production commencera à baisser d’ici 2025. Car, la production de pétrole diminue structurellement en raison du vieillissement des gisements. Nous prévoyons une croissance moyenne de 2,8 % en 2024-2025, soutenue par des industries axées sur l’exportation et des projets d’infrastructure », souligne l’agence de notation américaine.


















