Le mandat de l’actuel président en exercice de la Commission de Communauté économique et monétaire de l’Afrique central (CEMAC), Daniel Ona Ondo est tout, sauf un long fleuve tranquille, même si gouvernance a permis à l’institution et partant, la sous-région d’engranger un certain nombre d’acquis.
Depuis le spectacle ubuesque que la Commission CEMAC a présenté lors de la conférence des chefs d’Etat de la CEMAC à Yaoundé, le 22 novembre 2019, à travers un complot savamment ourdi, visant à l’éjecter de la présidence de la Commission, la sérénité est devenue la chose la moins partagée au sein de cette institution.
La dernière salve de critiques que viennent de lancer ses contempteurs, expliquent clairement l’animosité qui règne au sein de la ‘’Maison’’ CEMAC. En effet, l’homme vient de faire les choux gras. Et ce, de manière très négative, d’une bonne partie de la presse d’un Etat de la sous-région.
Un article relayé par des rédactions, à la virgule prête, et sonnant comme une charge contre lui, a irrigué le paysage médiatique de ce pays. Seulement, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur le fait que ces charges ne portent curieusement pas sur son bilan, mais plutôt sur sa personne. Devrait-on ainsi penser que les adeptes de l’immobilisme qui entravent le développement de la sous-région, chercheraient à tout prix de ‘’trouver des poux sur sa calvitie’’.
Pourtant, il est unanimement reconnu par de nombreux observateurs, que le bilan du Gabonais est largement appréciable. Ce, tout simplement du fait d’avoir réussi à donner un sens, voire une âme à cette institution qui ne s’apparentait jusque-là, qu’à un simple forum des dirigeants de la sous-région.
Alors comment peut-on volontairement omettre que le Gabonais a donné un coup de boost à un certain nombre de chantiers intégrateurs. Des actions qui sans doute, traduisent les grands enjeux de la mutation et la gouvernance désormais implémentées au sein de cette institution économique sous régionale.
Totalement inscrites aux antipodes de sa gouvernance d’antan, la Commission CEMAC s’inscrit désormais dans de nouveaux paradigmes. Plus que par le passé, elle se veut dorénavant une institution au service des peuples de la sous-région. Cette nouvelle approche managériale impulsée par le Pr. Daniel Ona Ondo se traduit au fil des jours, par la détermination de réorienter la gouvernance de cette institution, au service des populations de cet espace économique.
Conforté par l’onction des chefs d’Etat de la CEMAC, le Pr. Daniel Ona Ondo a fait feu de tout bois, pour matérialiser ces attentes portées en lui, par ces dirigeants, depuis son accession à la tête de l’institution en novembre 2017.
Les chantiers économiques
L’un des chantiers de la Commission est incontestablement celui de l’approfondissement de l’intégration sous-régionale, qui se veut également, son principal cheval de bataille, en tant que socle de toute son action. A côté de ce chantier, se greffent également, la promotion du secteur privé et des investissements publics efficaces et ciblés pour consolider les fondements du développement (infrastructures de communication, énergie, économique numérique, etc.).
L’amélioration de l’environnement des affaires et la création d’un observatoire régional du climat des affaires constituent tout aussi, des préoccupations majeures du plan quinquennal d’action de l’actuel gouvernement de la Commission CEMAC.
Convaincu que le développement économique, la croissance et la création massive d’emplois passent par l’expansion d’un secteur privé fort, dynamique, compétitif et dominant dans le tissu productif de nos économies, le Pr. Daniel Ona Ondo et son équipe s’emploient à aider les États membres, à adopter des instruments communautaires de bonne gouvernance, de transparence et de facilitation des affaires intra et inter-Etats.
L’aura internationale
Pour le financement de ses projets, la formule trouvée par la Commission se veut tout aussi originale. Elle s’est engagée dans une approche marketing inédite, auprès des bailleurs de fonds aussi bien privés, sous-régionaux qu’internationaux, l’institution s’est muée en VRP. Une démarche qui l’a conduite du FMI, à la Banque mondiale en passant par des investisseurs sous régionaux et même asiatiques, pour capter l’adhésion de ces faïenciers à ses projets. Au terme de ce ‘’Roadshow’’, l’avenir semble se lire sous un prisme d’espoirs.
La matérialisation de l’intégration régionale, une grande préoccupation
Daniel Ona Ondo ne cache pas l’importance que revêt ce chantier. Au contraire, sa matérialisation constitue l’un des grands héritages qu’il souhaite laisser aux ressortissants de la sous-région au terme de son mandat. Selon lui, ‘’malgré quelques incongruités, les choses avancent dans le bon sens. On peut circuler, commercer librement dans tout l’espace. En dépit des difficultés, nous aurons mis notre brique dans ce processus de construction d’un espace économique intégré’’, soutient-il.
Les grands acquis
Pour le président de la Commission CEMAC, l’institution dispose de marges de progression pour un espace économique prospère. ‘’Nous avançons sur ce chemin parsemé d’embûches. Des actions ont été mises en œuvre dans le sens du renforcement du marché commun, de l’amélioration du mécanisme de surveillance multilatérale adopté il y a près d’une vingtaine d’années’’, indique-t-il.
Dans les faits, la Commission s’est investie en relation avec les États pour rendre effective progressivement la libre circulation des biens, des capitaux et des services et des personnes, à la poursuite de l’opérationnalisation du mécanisme de financement des programmes d’actions de la Communauté en vue d’accélérer l’intégration sous-régionale.
A cela s’ajoutent également la poursuite en cours de nombreux programmes sectorielles communautaires dans les domaines de l’agriculture, l’élevage, les infrastructures, l’énergie, les télécommunications, l’éducation, la santé, les mines, etc.
Une attention particulière sur les 12 projets intégrateurs
L’accélération de la mise en œuvre des 12 projets, à forte visibilité et impact pour les populations jouit d’une attention particulière, au sein de la Commission. Elle confirme les deux missions prioritaires du PER, à savoir le renforcement de l’intégration physique et l’accélération de l’intégration commerciale au moyen de la facilitation de la libre circulation des personnes et des biens, le développement du capital humain et l’appui à la diversification des économies.
Il en est de même de l’implication de la Commission sur des actions à court et moyen termes du Programme des réformes économiques et financières (Pref-Cemac). D’ailleurs, ses retombées positives ont permis à l’économie de la sous-région de sortir en fin 2018, de la profonde crise économique et monétaire dans laquelle elle était plongée depuis 2014.
En dépit des difficultés, le ‘’Patron’’ de la CEMAC se veut tout de même, confiant sur son action à la tête de l’institution. ‘’Nous aurons mis notre brique dans ce processus de construction d’un espace économique intégré, émergent, où règnent la sécurité, la solidarité et la bonne gouvernance, au service du développement humain’’.
Une dose de confiance et sérénité qui, malheureusement de temps en temps, est mise à rude épreuve par quelques voix discordantes au sein du gouvernement de la Commission, visant à saper les quelques fondements déjà acquis.



















