On ne le dira jamais assez, l’actuel Sommet Etats-Unis / Afrique, constitue l’occasion pour les premiers cités d’écouter et de collaborer avec des homologues africains dans des domaines clés. Dans ce cadre, le Secrétaire d’Etat américain, Antony J. Blinken a pris part, ce 13 décembre 2022 au Forum sur la conservation, l’adaptation au climat et la transition énergétique juste tenu en marge de ladite réunion.
Cette rencontre a également vu la participation de plusieurs dirigeants africains. A savoir les présidents Ali Bongo Ondimba du Gabon; Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo de la RDC ; Wavel Ramkalawan des Seychelles ; Hakainde Hichilema de la Zambie ; Muhammadu Buhari du Nigéria et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de la Guinée équatoriale.
Face ses hôtes, Antony J. Blinken a dit compter sur leur engagement à travailler ensemble pour juguler la crise climatique. Déjà, pour soutenir la gestion durable de la forêt tropicale du bassin du Congo, le Secrétaire d’Etat américain a indiqué que les Etats-Unis ont investi plus de 600 millions de dollars dans le Programme régional pour l’environnement de l’Afrique centrale. Et d’ajouter, « Nous construisons de nouvelles coalitions entre les gouvernements africains, le secteur privé, la société civile pour protéger d’autres écosystèmes vitaux à travers le continent ».
Ce soutien, selon M. Blinken a d’ailleurs été réitéré lors de la COP27 en Égypte. « Le mois dernier, nous étions nombreux à être en Égypte pour la COP27. Une COP africaine était une reconnaissance du fait que, à la mesure de l’urgence de la crise climatique grandiose, nous devions plus en plus nous concentrer sur l’Afrique », a-t-il indiqué. Avant de relever que « 17 des 20 pays les plus vulnérables au climat au monde, se trouvent sur le continent africain ».
Au chapitre des drames, M. Blinken n’a pas manqué de signaler le désastre causé par les quatre années consécutives de sécheresse dans la Corne de l’Afrique qui ont laissé plus de 18 millions de personnes confrontées à une famine sévère.
A ce triste tableau s’ajoutent des violentes tempêtes qui ont frappé l’Afrique australe ; la flambée des températures allume des incendies de forêt en Afrique du Nord ; la montée des mers menace les vies et les moyens de subsistance des nations insulaires, tandis que les événements météorologiques extrêmes en Afrique centrale qui aggravent les crises alimentaires déjà graves et qui alimentent les tensions et les conflits violents.
Pour une approche juste et réaliste
Pour le Secrétaire d’Etat américain, le sort réservé à l’Afrique est à la limite ingrat. « Nous savons que les nations africaines ont relativement peu gagné à cette crise, mais en bénéficier de manière disproportionnée. Il est à la fois injuste et irréaliste de leur demande de tourner le dos au développement et aux opportunités économiques au nom d’une transition énergétique propre, de leur demande en fait de renoncer à ce que beaucoup d’entre nous ont fait dans le passé pour développer nos pays et nos économies. Nous pensons donc que la meilleure façon – en fait la juste – de faire face à la crise climatique en Afrique est de travailler ensemble », a-t-il préconisé.
Un nouvel investissement de 290 millions de dollars
Selon M. Blinken, la donne va changer. « Les États-Unis travailleront en collaboration étroite avec les pays africains pour déterminer la meilleure façon de répondre à leurs besoins énergétiques spécifiques – sachant que, pour beaucoup, la transition vers une énergie propre sera en premier lieu une transition vers une énergie cohérente et fiable. Nous le félicitons grâce à des programmes comme Power Africa, qui a mobilisé les secteurs publics et privés pour fournir une électricité plus propre et plus fiable à plus de 165 millions de personnes en Afrique subsaharienne qui n’y avaient pas accès auparavant. Nous sommes fiers d’annoncer un nouvel investissement de 290 millions de dollars dans ce programme ».
Des solutions purement africaines
De l’avis de M. Blinken, tous les efforts reconnus que la lutte contre la crise climatique, comme tant d’autres défis ont été en fait défendus par les Africains en premier lieu. « En effet, en Afrique, on voit non seulement les enjeux de cette crise, mais aussi les solutions », reconnait-il.
Dans cette dynamique le Gabon se veut un modèle. En effet, soutien-t-il, le pays a ouvert la voie en matière de conservation de ses ressources forestières, qui absorbe désormais 140 millions de tonnes de CO2 chaque année. Cela équivaut à retirer 30 millions de voitures de la circulation.
Sur la liste, les Seychelles ont lancé la première obligation bleue souveraine au monde pour mobiliser les investissements publics et privés dans des projets maritimes et de pêche durables. Il est en passe de conserver 30% de ses eaux océaniques – c’est une zone de la taille du Zimbabwe – d’ici 2030.
Il en est de même de la Zambie qui exploite la puissance de ses zones humides et de ses forêts pour atténuer les impacts climatiques, au profit de dizaines de milliers de personnes vulnérables aux inondations et aux sécheresses.
Quant au Nigéria, il a fixé des objectifs audacieux et des réglementations solides pour la réduction du méthane – le premier pays d’Afrique à le faire – qui pourrait réduire un tiers des polluants atmosphériques et éviter des dizaines de milliers de décès.
Il y a également la Guinée équatoriale qui vient de relever son engagement de réduire ses émissions de 35 % d’ici 2030. Tandis que la RDC a accueilli les réunions pré-COP27 à Kinshasa. Il fait équipe avec les États-Unis sur un large éventail de ces questions par l’intermédiaire de notre groupe de travail sur les solutions de développement durable.



















