L’Agence des cafés Robusta d’Afrique et de Madagascar (ACRAM) a tenu ses réunions annuelles et sa 9ème Assemblée générale, par visioconférence à Lomé, à la fin du mois d’avril 2021.
De ces rencontres, il ressort que le contexte mondial sanitaire et économique lié à la pandémie de la Covid – 19 a fortement impacté la production et les exportations de café, a indiqué le Secrétaire exécutif de l’ACRAM, Ismaël Ndjewe Ndomba dans un entretien accordé récemment à CommodAfrica. Selon lui, cette chute a provoqué une chute de 63,5% des exportations des pays membres de l’ACRAM entre mars et avril 2020. Elle a particulièrement concerné la Côte d’Ivoire, le Togo et le Cameroun.
Selon lui, l’ACRAM a connu « année difficile en raison du contexte mondial sanitaire et économique qui a très fortement impacté, entre autres, les exportations de café notamment de Côte d’Ivoire, du Togo et du Cameroun ». En effet poursuit-il, « L’exercice écoulé a fortement été marqué par la pandémie liée à la Covid-19, qui a sérieusement impacté la filière café dans l’espace ACRAM et notre agenda ». Et d’ajouter, « Compte tenu de la crise économique qui a bousculé le monde entier y compris les membres de l’ACRAM, les pertes en termes de production et de commercialisation ont été considérables ».
De manière chiffrée, « Entre mars et avril 2020, les exportations de membres de l’Acram sont passées de 275 000 sacs de 60 kg à 107 000 sacs, soient une baisse de 63,5%. Dans la même période, la Côte d’Ivoire et le Togo ont vu leurs exportations chuter respectivement de 72% et 88%. Et entre mars et juin 2020, le Cameroun a également enregistré une importante chute de ses exportations, estimées à 80% selon le CICC Cameroun ».
Cette situation a fortement été préjudiciable pour les activités de l’organisation. « Au niveau du secrétariat exécutif de l’Acram, nous n’avons malheureusement pas pu atteindre les objectifs assignés par notre 8e Assemblée générale », déplore le Secrétaire exécutif de l’ACRAM. Il souligne néanmoins la résilience de l’organisation face à la situation.
« Mais qu’à cela ne tienne, nous nous sommes adaptés aux moyens du bord. Et grâce à l’innovation de la technologie, plusieurs de nos activités se sont faites sur les plates-formes d’échanges. Celles-ci ont été très productives car nous avons ainsi pu tenir plusieurs réunions qui nous projettent dans un avenir optimiste. Nous pouvons citer le Cirad avec qui nous avons signé un accord-cadre en vue de coopérer, d’une manière générale, dans toutes les initiatives pouvant contribuer à la production et la promotion de cafés Robusta africains « haut de gamme » dans le strict respect des obligations découlant des accords internationaux en faveur d’une agriculture durable respectueuse de l’environnement et des objectifs de développement », reconnait-il.
Selon Ismaël Ndjewe Ndomba, ces réunions annuelles ont charrié un certain nombre d’acquis et avancées. La première concerne sa reconduction au poste de secrétaire exécutif pour deux années supplémentaires. A cela s’ajoutent, la création d’un Forum économique des robustas africains et Malgaches dont la 1ère édition pourrait se tenir à l’horizon 2022 en Côte d’Ivoire, sous réserve de l’accord des autorités ivoiriennes et de l’évolution de la pandémie.
L’initiative vise à mettre en relation, les acteurs de la filière et les potentiels partenaires et bailleurs de fonds, les industriels et les consommateurs. En outre, ce Forum est destiné à tous les acteurs dont, au premier chef, les producteurs, les transformateurs et torréfacteurs, les ONG et partenaires au développement intéressés par les problématiques du café, tout particulièrement le genre et les jeunes. Ce d’autant plus que l’ACRAM entend mettre un accent particulier sur le genre et le rajeunissement des planteurs.
Autre acquis et non des moindres, suite à l’accord signé en décembre entre le Cirad et l’ACRAM, il a été décidé lors des réunions de mettre en place un groupe de travail entre les chercheurs des deux institutions. Cela, en vue de proposer un programme de recherche régional dédié aux Robusta africain.
L’on peut également mentionner l’adoption du programme sur l’autonomisation économique des femmes dans la chaine de valeur café Robusta en Afrique au titre des avancées. Ce programme qui avait déjà été présenté lors de la 8ème Assemblée générale a été retravaillé et adopté. La mise en œuvre des interventions des ONG comme LadyAgri et International Women Coffee Alliance (IWCA) en faveur des femmes dans l’espace ACRAM et la création de l’ACRAM Coffee Academy constituent également des points positifs de ces rencontres



















