Dans son récent Baromètre économique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), la Banque mondiale met en exergue, les énormes contrastes entre le développement humain et les énormes richesses de la région.
Au delà de ce constat, à la limite triste, l’institution onusienne préconise également des pistes de solutions pour endiguer ses tares. Et dans cette édition de décembre 2025, elle appelle ainsi à une transformation de la richesse en développement durable. Non sans revenir en profondeur sur le lancinant paradoxe de la richesse de la sous-région. Cela, en évaluant le PIB qui se concentre sur la production de biens et de services, tout en analysant les tendances d’accumulation de richesse afin d’offrir une vision plus globale de la durabilité et l’inclusivité de la croissance.
Dans ce rapport, la Banque mondiale souligne qu’entre 1995 et 2020, la richesse totale de la CEMAC a progressé de 75 %, sous l’effet des gains en capital produit et en capital humain. Cependant, la richesse par habitant a reculé de 20 %, la croissance démographique ayant été plus rapide que l’accumulation d’actifs. Le capital produit, bien que représentant la plus petite composante, a connu la croissance la plus rapide, tandis que le capital naturel renouvelable a chuté de 49 % à 32 % de la richesse totale, conséquence de la dégradation écologique et d’une gestion inefficace des ressources.
La croissance de la richesse a été inégale au sein de la CEMAC entre 1995 et 2020, principalement due aux gains en capital produit et humain, tandis que les progrès en matière de capital naturel sont restés limités en raison de l’épuisement des ressources.
Le Congo, le Tchad et le Cameroun ont enregistré les plus fortes hausses de richesse, soutenues par les investissements réalisés durant la période faste du pétrole. En moyenne, la CEMAC a affiché une croissance de la richesse inférieure à celle de l’UEMOA, de l’Afrique subsaharienne et des autres groupes de revenus.
Les indicateurs de durabilité montrent des progrès mitigés. Les tendances du revenu national net ajusté (RNNA) révèlent que dans certains pays, comme le Cameroun et le Gabon, la croissance des revenus a été soutenue par des investissements productifs et des gains de capital humain malgré une déforestation croissante, tandis que dans d’autres, notamment la Guinée équatoriale, la croissance passée des revenus s’est faite au prix d’une dégradation de l’environnement.



















