Au Gabon, le panier de la ménagère connait un léger mieux. Selon les dernières mises à jours de la Banque africaine de développement (BAD) sur le Gabon, l’inflation a observé une baisse de 1,2% en 2024, contre 3,6% en 2023. Deux facteurs sont à l’origine de cette évolution.
Il s’agit de la politique monétaire restrictive de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et le renforcement des mesures de soutien au pouvoir d’achat. En effet, la BEAC a poursuivi sa politique monétaire restrictive en 2024 en maintenant inchangé son principal taux directeur qui est fixé à 5% depuis mars 2023. De l’autre côté, le gouvernement a renforcé sa politique de régulation des prix en adoptant une nouvelle mercuriale portant sur 102 produits et en augmentant de 15% les subventions aux produits pétroliers.
Ces mesures ont abouti à la baisse des prix de l’énergie (-2% en glissement annuel) et au ralentissement de l’inflation sous-jacente (-2,6 points de pourcentage par rapport à 2023). La baisse de l’inflation a permis au Gabon de réaliser de légers gains en matière de compétitivité avec la dépréciation de son taux de change effectif réel (TCER) de 0,4% en 2024.
Au nouveau sous-régional, la tendance reste la même
Au deuxième trimestre 2025, le taux d’inflation sous-régional a continué de ralentir, mais en demeurant au-dessus du seuil communautaire. Ainsi, en moyenne annuelle, il est revenu de 4,6 % en juin 2024 à 3,5 % en juin 2025.
De même, en glissement annuel, le taux d’inflation a reculé à 2,0 % en juin 2025, contre 4,5 % un an auparavant. Les facteurs à l’origine de la dynamique des prix dans la CEMAC sont notamment, sur le plan externe, le ralentissement continu de l’inflation observée chez les principaux partenaires, en raison principalement de la baisse prolongée des prix de l’énergie qui a plus que compensé la hausse des prix des produits alimentaires, notamment les produits laitiers et la viande.
La baisse observée du coût du fret maritime depuis le début de l’année 2025, mais davantage au deuxième trimestre après une hausse exceptionnelle en 2024, a contribué également à cette dynamique des prix. En revanche, la poursuite sur la période du renchérissement des importations camerounaises en provenance du Nigéria, entamé au quatrième trimestre 2024, en lien avec l’appréciation continue du Naira par rapport au F CFA a continué de porter l’inflation importée vis-à-vis de ce partenaire vers le haut.
Au niveau interne, le recul de l’inflation résulte pour l’essentiel du ralentissement plus prononcé des prix des produits alimentaires, en lien avec les bonnes campagnes agricoles au Congo, en Guinée Equatoriale, au Tchad et dans une moindre mesure au Cameroun, ainsi que des Au niveau interne, l’accélération du ralentissement de l’inflation a découlé principalement des effets de la diminution notable du rythme de progression des prix des transports et des produits alimentaires, au Cameroun, en République Centrafricaine, au Gabon, en Guinée Equatoriale et au Tchad.
Le niveau des prix encore élevé résulte des bouleversements climatiques qui ont continué de perturber les campagnes agricoles des pays de la CEMAC, maintenant la production en-dessous de son potentiel, dans un contexte de demande intérieure ferme.
Par ailleurs, le mauvais état des voies d’approvisionnement et les pénuries de carburant, particulièrement au Congo, ont fait supporter des coûts logistiques importants aux producteurs. Enfin, il subsiste encore quelques poches d’insécurité dans certaines zones au Cameroun et en République Centrafricaine qui continuent de grever l’approvisionnement des marchés en produits vivriers, maintenant à la hausse l’inflation alimentaire.
Comparée à ses principaux partenaires, la CEMAC a enregistré des différentiels d’inflation globalement défavorables à fin juin 2025. Ainsi, en glissement annuel, le différentiel d’inflation a été défavorable vis-à-vis de l’UEMOA (1,4 point, contre 0 point un an plus tôt), des États-Unis (0 point, après 2,7 points en juin 2024), de la Zone euro (0,2 point, contre 1,9 point un an plus tôt), et de la Chine (2,0 points, contre 4,5 points en juin 2024). A l’opposé, par rapport au Nigéria, le différentiel d’inflation est resté toujours favorable (- 20 points, contre – 29,7 points un an auparavant).



















