Le projet de potasse Banio franchit un palier supplémentaire. Le promoteur canadien, Millennial Potash vise un bouclage financier d’ici août ou septembre 2027 pour ce projet situé sur la côte sud du Gabon, a déclaré ce mardi à Reuters, son Président-directeur général, Farhad Abasov.
Les coûts d’investissement initiaux sont estimés à 480 millions de dollars, pour une production annuelle initialement fixée à 800 000 tonnes. « Nous pourrions envisager de démarrer à plus grande échelle, car nous avons constaté un intérêt marqué de la part d’acheteurs et de financiers potentiels. Au lieu de 800 000 tonnes, nous pourrions commencer par une production de 1 à 1,2 million de tonnes par an. », a-t-il indiqué.
Quant à son développement, ce projet pourrait contribuer à diversifier les approvisionnements mondiaux en potasse, actuellement concentrés au Canada, en Russie et au Bélarus. Les principales économies agricoles, dont le Brésil et les États-Unis, dépendent fortement des importations de cet ingrédient pour engrais, ce qui offre aux nouveaux producteurs l’opportunité de répondre à la demande de marchés en quête de sources alternatives, a expliqué M. Abasov.
Financement et permis
Sur ce volet, Millennial s’efforce d’obtenir un financement auprès de la Société américaine de financement du développement international (DFC) et d’autres partenaires pour soutenir la construction. La DFC a déjà engagé 3 millions de dollars pour l’étude de faisabilité définitive du projet. Dans ce cadre son Président-directeur général a déclaré au début du mois que la société prévoit de terminer l’étude d’ici la fin de 2026.
Millennial doit également convertir son permis d’exploration en permis d’exploitation minière avant que la construction puisse commencer. L’entreprise prévoit d’entamer ce processus au premier trimestre 2027, l’approbation pouvant prendre de trois à six mois.
Le calendrier proposé reste tributaire de l’obtention des financements et des autorisations réglementaires, deux étapes cruciales avant que l’entreprise puisse s’engager dans la construction. « Il faut compter environ 18 à 24 mois entre le début de la construction et le début de la production », a déclaré M. Abasov. Ce calendrier prévoit un démarrage de la production aux alentours de 2029 ou 2030, selon la date de début des travaux. L’usine pourrait ensuite atteindre son objectif de production annuelle en six mois, d’après le PDG.
Une demande régionale
Parmi les clients potentiels figurent des groupes aux États-Unis, au Brésil, en Asie et en Afrique, bien que Farhad Abasov n’ait pas identifié d’entreprises spécifiques ni divulgué les détails des accords d’achat envisagés. Selon lui, « l’Afrique consomme environ 2 millions de tonnes de potasse par an, ce qui offre à Banio un marché régional important ainsi que des opportunités d’exportation potentielles ».
À sa capacité initiale prévue, la mine pourrait produire l’équivalent d’environ 40 % de la consommation annuelle actuelle du continent. Une extension à 1,2 million de tonnes porterait ce chiffre à environ 60 %, bien que les ventes réelles dépendent de la demande du marché et des accords de distribution. La perspective d’une exploitation initiale plus importante pourrait renforcer l’attrait commercial de Banio, mais obligerait également Millennial à évaluer si une production plus élevée justifie un investissement initial supplémentaire avant de finaliser ses plans de développement.
Pour rappel, au mois de juillet dernier, le ministre des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène Nguema Nguema avait effectué une visite sur ce site, question de s’enquérir de l’ampleur dudit projet de potasse de Banio, les travaux de terrain en cours, le potentiel de la ressource, l’implication des travailleurs gabonais sur le site ainsi que des retombées potentielles d’un projet de cette envergure pour la région. A l’occasion, le membre du gouvernement s’est engagé à apporter son plein soutien à la mise en place des infrastructures et aux autres aspects du projet.



















