Le gouvernement remet de l’ordre sur les activités aurifères en petite mine. Ainsi, au terme d’un audit sur les activités dudit secteur sur l’ensemble du territoire national, le ministère des Mines et des Ressources Géologiques vient de décider du retour au domaine public de l’État de plusieurs permis.
Cette décision fait suite aux nombreuses irrégularités et incongruités observées lors d’un audit sur les activités dudit secteur mené du 29 juin au 16 octobre 2026. Lequel s’est d’ailleurs déroulé conformément aux dispositions de la loi nº037/2018 du 11 juin 2019 portant réglementation du secteur minier en République Gabonaise (promulguée par le décret n°00074/PR du 11 juin 2019), notamment en ses articles 1er, 2 et 3 fixant le régime juridique, institutionnel, technique, économique, douanier et fiscal applicable aux activités minières.
Les défaillances observées portent entre autres, sur le non-respect des exigences légales et réglementaires en vigueur par plusieurs sociétés titulaires de titres miniers. Fort de cela, le ministère des Mines et des Ressources Géologiques a prononcé le retour de plusieurs permis miniers au domaine public de l’État. Le ministère met par ailleurs en garde tout contrevenant à cette décision au risque de s’exposer aux poursuites judiciaires.
Une filière stratégique pour les recettes publiques
L’or occupe une place croissante dans la stratégie de diversification économique du Gabon, longtemps dépendant du pétrole et du manganèse. Le pays cherche à structurer une filière encore largement dominée par l’orpaillage informel, dont les circuits commerciaux échappent en partie au fisc. Le ministère des Mines mise sur la formalisation des acteurs industriels et semi-industriels pour capter une part significative de la production, aujourd’hui exportée par des canaux difficilement traçables.
Reste que la question du contrôle dépasse le seul enjeu fiscal. Le gouvernement fait de la souveraineté sur les ressources naturelles un axe central de sa politique. La régularisation des titres aurifères constitue, à cet égard, un test de crédibilité. Elle permettra de mesurer la capacité de l’administration à faire appliquer la réglementation à des opérateurs parfois adossés à des groupes étrangers ou à des réseaux d’orpaillage transfrontaliers.



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