Libreville, la capitale gabonaise accueille, du 21 au 25 septembre courants, la 16ᵉ Conférence ministérielle du Mémorandum d’entente d’Abuja sur le contrôle des navires par l’État du port. Cette rencontre réunit les représentants des 22 Etats membres autour d’un impératif devenu stratégique : transformer les engagements régionaux en dispositifs opérationnels capables de répondre aux nouveaux risques du transport maritime.
La conférence, placée sous le thème « De la politique à la pratique : bâtir un régime de contrôle par l’État du port résilient et préparé pour l’avenir », intervient dans un contexte où les ports ouest et centre-africains constituent des points vitaux pour les échanges internationaux. C’est donc là que réside le bienfondé et la pertinence du Mémorandum d’Abuja, signé en 1999 sous l’égide de l’Organisation maritime internationale (OMI). Ce, du fait qu’il vise notamment à harmoniser les inspections et à empêcher l’exploitation de navires ne respectant pas les normes internationales.
Sécurité, protection du milieu marin et fiabilité des chaînes logistiques en ligne de mire
Selon les participants, l’enjeu reste de taille pour les Etats côtiers. Il va au-delà de la seule conformité administrative aux confluences de la sécurité des équipages, de la protection du milieu marin et de la fiabilité des chaînes logistiques. Une logique confortée par la directrice générale de la Marine marchande du Gabon, Frédérique Avome Oliveira épse Guevit dans son allocution de circonstance. « Aucun de nos États pris isolément ne saurait garantir seul la sécurité de la navigation sur une façade atlantique qui s’étend de la Mauritanie à l’Afrique du Sud », a -elle souligné. Non sans rappeler qu’il s’agit d’une nécessité qui, 27 ans après la signature du texte, conserve toute sa pertinence. Car, selon elle, « La pertinence de cet instrument s’impose avec une acuité renouvelée », a-t-elle indiqué.
Pour sa part le ministre d’Etat gabonais chargé des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique, Ulrich Mamfoumbi Manfoumbi, est également revenu sur les vitaux enjeux de ce secteur « Le transport maritime, par lequel transitent plus de 80 % des échanges commerciaux mondiaux en volume, est un instrument essentiel du développement économique », a –t-il déclaré à l’ouverture de ce rendez-vous.
Avant d’appeler à une vigilance constante dans l’application des normes internationales relatives à la sécurité de la navigation, à la sauvegarde de la vie humaine en mer, aux conditions de travail des gens de mer et à la préservation des océans, au regard de la croissance du trafic, de la sophistication des navires et de l’intensification des activités portuaires. Autrement dit, à Libreville, les participants vont plancher sur l’harmonisation des procédures d’inspection, le système d’information du Mémorandum d’Abuja, la coopération technique et les nouveaux défis du contrôle portuaire.
Examen de l’état d’avancement des activités du MoU d’Abuja et son plan d’action 2025-2029
Autre détail et non des moindres : Un programme régional de renforcement des compétences, lancé en juin avec le soutien de Lloyd’s Register Foundation, entend améliorer la formation des inspecteurs, l’utilisation des données, l’alignement réglementaire et les mécanismes de gouvernance. Il répond à plusieurs difficultés identifiées dans la région : couverture inégale des inspections, écarts de compétences et faiblesses dans la qualité des données et des systèmes de contrôle.
Cette 6ᵉ Conférence ministérielle du Mémorandum d’entente d’Abuja sur le contrôle des navires par l’État du port devra enfin examiner l’état d’avancement des activités du Mémorandum et son plan d’action 2025-2029. En clair, cette rencontre appelle à la consolidation et au renforcement des capacités des Etats à faire respecter, de manière cohérente et durable, les règles internationales dans leurs ports.
Pour rappel, le MoU d’Abuja, signé en 1999, est une initiative parrainée par l’Organisation Maritime Internationale (OMI). Son objectif est d’harmoniser les pratiques et procédures de contrôle des navires dans les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, afin de réduire le nombre de navire en exploitation ne respectant pas les normes internationales. Il s’agit de garantir une meilleure sécurité maritime, la protection de l’environnement marin et d’améliorer les conditions de travail des équipages.


















