Au Gabon, la période 2017-2025 se caractérise par l’articulation de trois programmes stratégiques majeurs qui ont profondément influencé l’orientation de la politique budgétaire gabonaise. Il s’agit du Plan de relance économique (PRE) 2017-2019 ; du Plan d’accélération de la transformation (PAT) et enfin du Plan national de développement pour la transition (PNDT) 2024-2026.
Le Plan de relance économique
Conçu pour la période 2017-2019, il a constitué la première réponse structurée aux défis de la diversification économique dans un contexte post-choc pétrolier. Ce programme triennal, doté d’une architecture institutionnelle robuste, visait prioritairement le rétablissement de l’équilibre des finances publiques et la maîtrise de l’endettement public sous le seuil critique de 40 % du PIB.
Son impact budgétaire s’est manifesté de manière contrastée sur la période 2017-2019. Si les objectifs de consolidation fiscale ne sont que partiellement atteints, avec un solde budgétaire global moyen de -1,5% du PIB contre l’objectif d’équilibre, les fondements d’une transformation structurelle sont néanmoins posés.
La rationalisation des dépenses publiques et l’optimisation des recettes non pétrolières s’est accompagnée d’un effort d’investissement soutenu dans les infrastructures stratégiques, particulièrement dans les secteurs énergétiques et des télécommunications. Cette orientation anticipatrice s’est avérée déterminante pour la résilience économique ultérieure, notamment lors de la crise sanitaire de 2020.
Le Plan d’accélération de la transformation
Lancé pour la période 2021-2023, le Plan d’accélération de la transformation (PAT) représentait une inflexion majeure dans l’approche gouvernementale du développement économique. Ce programme, articulé autour de 20 projets prioritaires et structuré selon trois pivots stratégiques, a amplifié considérablement l’effort de modernisation institutionnelle et d’optimisation des ressources budgétaires.
Son impact sur les finances publiques a été immédiatement perceptible avec une amélioration sensible du solde budgétaire qui passe de -2,1% du PIB en 2020 à 0,1% du PIB en 2022. Cette performance exceptionnelle résulte de la conjonction d’une reprise des recettes pétrolières, portées par le redressement des cours internationaux, et d’une maîtrise renforcée des dépenses publiques courantes.
Le Plan national de développement pour la transition
S’agissant du Plan national de développement pour la transition (PNDT) 2024-2026. Il inaugure une nouvelle séquence de l’action publique gabonaise, caractérisée par une ambition transformatrice inédite. Doté d’une enveloppe financière de 4 536 milliards de FCFA répartie sur 293 projets structurants, ce programme révolutionne l’approche du financement du développement en privilégiant une stratégie de diversification des sources de financement.
Même si la répartition prévisionnelle entre ressources propres (2 045 milliards), financements extérieurs (1 276 milliards) et partenariats public-privé (1 197 milliards) témoigne d’une maturité nouvelle dans la conception des politiques publiques de financement, il n’en demeure pas moins que de nombreux défis structurels subsistent.

















