L’évolution récente de la situation macroéconomique, financière et sociale affiche un taux de croissance économique du Gabon qui s’est accéléré en passant de 2,4% en 2023 à 3,1% en 2024. Cela, grâce au dynamisme des secteurs agricole (+5%), des BTP (+6,2%) et des services (+3,3%).
Du côté de la demande, cette relance est soutenue par le raffermissement de l’investissement public (+10,4%) et privé (+7,4%). L’inflation a baissé à 1,2% en 2024, contre 3,6% en 2023, grâce à la politique monétaire restrictive de la Banque des États de l’Afrique centrale, qui a maintenu son principal taux directeur à 5 %, et au renforcement des mesures de soutien au pouvoir d’achat. Le déficit budgétaire s’est creusé à 3% du PIB en 2024 contre un excédent de 1,8% en 2023 sous l’effet de la politique budgétaire expansionniste et de la charge de la dette élevée (3% du PIB).
Le risque de surendettement est élevé avec un taux d’endettement de 73% du PIB en 2024 et l’accumulation récurrente des arriérés de paiement. En raison de leur exposition à ce risque, les banques gabonaises ont réduit leurs créances sur l’Etat de 37,25% en 2024, une tendance exacerbée par la hausse à 100% du taux de pondération applicable à la couverture des risques de crédit sur leurs engagements envers l’Etat du Gabon pour non-respect des critères de convergence. L’excédent du compte courant a baissé de 6,8% du PIB en 2023 à 5,7% en 2024, en liaison avec la contraction de l’excédent commerciale (baisse des exportations de 1,4%) et le déficit élevé de la balance des services et des revenus.
Le Gabon a un IDH moyen (0,693 en 2022, soit le 123ème pays sur 193), mais la pauvreté et le chômage demeurent élevés (35,1% et 20,4% respectivement en 2023) à cause du faible impact de la croissance sur l’emploi. Le chômage touche particulièrement les jeunes (36,4%) et les femmes (29%).
Perspectives et risques
Le Gabon devrait connaître un ralentissement économique, avec des taux de croissance projetés à 2,4% en 2025 et 2,2 % en 2026, en raison de la baisse de la production pétrolière (–2,1% et –4,7% respectivement) liée à la maturation des gisements. Le PIB non pétrolier devrait en revanche augmenter grâce au dynamisme des secteurs agricole (bois et huile de palme), minier (manganèse), des BTP, et de la demande intérieure.
Les mesures anti-inflationnistes permettront de contenir l’inflation à 1,7% en 2025 et 2,3% en 2026. Le déficit budgétaire se creusera avec la hausse des dépenses publiques et la baisse des recettes pétrolières. L’excèdent courant s’amenuisera à 4,7% en 2025 et 3,2% en 2026.
Ces perspectives pourraient être compromises par la baisse de la demande et des prix des principaux produits exportés en liaison avec les tensions sur le commerce international, les perturbations logistiques liées au déficit et à la dégradation des infrastructures, et la détérioration de la situation budgétaire. L’adoption de mesures de consolidation budgétaire et une meilleure allocation des ressources en faveur des investissements productifs devraient contribuer à atténuer ces risques.


















