A la faveur d’un entretien à la presse, Baltasar Engonga Edjo’o est revenu sur les grands enjeux de la 16ᵉ Session de la Conférence des chefs d’État de la CEMAC qui se tient ce 10 septembre à Bangui en République centrafricaine. Au plan structurel, selon lui, rencontre des chefs d’État revêt une importance particulière. « Elle permettra d’examiner, comme à chaque rencontre, les avancées en matière d’intégration économique dans notre sous-région depuis la dernière session. À cet égard, il s’agira notamment d’évaluer l’état d’avancement des grandes réformes engagées, en particulier le PREF-CEMAC, le PRAFI, ainsi que l’évolution de la situation macroéconomique, conformément aux recommandations adoptées lors de la session extraordinaire du 16 décembre 2024 à Yaoundé », a-t-il indiqué.
Autre détail et non des moindres, la passation de témoin à la présidence de la Conférence des Chefs d’État, entre le Président de la République centrafricaine, Faustin Archange TOUADERA, président sortant, et le président de la République du Congo, Denis Sassou N’guesso, président entrant. Ce moment hautement symbolique consacre la continuité et la solidarité entre nos dirigeants pour le projet d’intégration communautaire.
Côté cour, toutes les dispositions ont été prises, aussi bien par l’État hôte, la République Centrafricaine, que par la Commission de la CEMAC, en stricte conformité avec la réglementation en vigueur en matière d’organisation des assises communautaires. Les délégations arrivent depuis quelques jours déjà à Bangui, témoignant du climat de confiance et de mobilisation qui entoure ce rendez-vous majeur de notre Communauté, rassure-t-il.
S’agissant du retour du siège de la Commission de la CEMAC à Bangui, de l’avis de Baltasar Engonga Edjo’o, il constitue un symbole fort, à la fois pour l’institution et pour la République centrafricaine. « Pour la Commission, il marque le parachèvement d’un processus qui illustre la volonté de consolider l’unité et la proximité avec nos populations. Pour la République centrafricaine, c’est une reconnaissance de son rôle moteur et historique dans la construction communautaire, ainsi qu’un signe de solidarité de toute la sous-région envers ce pays frère », ajoute-t-il.
A propos de la libre circulation, pilier fondateur de l’intégration, le président de la Commission a confirmé son effectivité. De son avis, « La libre circulation des citoyens des pays membres de la CEMAC, sans visa, est une réalité indéniable. C’est une avancée majeure et irréversible dans notre processus d’intégration. Permettez-moi de rappeler que la garantie de la liberté de circulation des personnes, des biens, des services, des capitaux, ainsi que le droit d’établissement, constituent par essence un objectif cardinal de notre Communauté ».
Cependant les écueils au processus d’intégrations restent nombreux. Baltasar Engonga Edjo’o évoque à cet effet, deux obstacles majeurs qui continuent de freiner la pleine réalisation de la libre circulation. « Le premier concerne la faiblesse des infrastructures de transport et de communication, qui limite les échanges et accroît les coûts de déplacement. Pour y remédier, la CEMAC mise sur l’exécution des projets intégrateurs prioritaires, axés sur la construction et la modernisation des routes, corridors et autres infrastructures essentielles, afin de désenclaver les territoires et fluidifier les échanges ».
Quant au second, il tient aux tracasseries administratives et à la persistance de barrières non justifiées aux frontières et sur les corridors routiers. « Afin de les réduire, la Commission de la CEMAC a engagé la mise en place de postes de contrôle transfrontaliers uniques et de brigades mixtes, pour rationaliser les procédures et instaurer plus de transparence. Ces deux leviers – infrastructures et simplification des contrôles – constituent des conditions indispensables pour concrétiser la libre circulation dans la sous-région ».
La question sécuritaire n’a pas été en reste au cours de cet entretien. Selon lui, elle est légitime et la Commission de la CEMAC la prend très au sérieux. Dans ce cadre, « La Commission travaille en étroite collaboration avec les États membres afin de renforcer la coopération transfrontalière en matière de sécurité et de gestion des flux migratoires. Il s’agit de garantir que la libre circulation se fasse dans un cadre sécurisé, respectueux de la souveraineté des États et protecteur des citoyens ».
Sur le plan économique et social, les retombées de la libre circulation et des réformes communautaires sont palpables, en dépit du fait que leur perception par les populations reste faible. « Toutefois, les populations bénéficient déjà d’une plus grande mobilité, d’échanges commerciaux facilités et d’opportunités accrues pour les opérateurs économiques. Cela favorise également une meilleure intégration culturelle et sociale entre nos peuples, cimentant ainsi le sentiment d’appartenance à une même communauté », a-t-il relevé. Avant d’indiquer que l’avenir de la Communauté est porteur d’espérance. « Après ce Sommet et le retour du siège de la Commission à Bangui, nous voulons poursuivre le processus d’intégration régionale. Cela passera par une mise en œuvre plus rigoureuse des réformes, la levée progressive des obstacles à la libre circulation, la dynamisation de notre marché commun et le renforcement de la solidarité entre États. Plus que jamais, notre objectif est de rapprocher les peuples, de bâtir une CEMAC forte, résiliente et prospère au service du bien-être des citoyens », a-t-il conclu.
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