Le gouvernement gabonais réaffirme son engagement de mettre en œuvre l’ambitieux projet programme Gabonaise des réalisations agricoles et des initiatives des nationaux engagés (GRAINE).
L’objectif étant de développer le secteur, avec pour but de faire passer la contribution de l’agriculture au PIB de 5 à 20% d’ici 2020, tout en réduisant de 50% les importations (estimées à environ 300 Mds FCFA par an). Cette détermination a été réitérée par le chef du gouvernement, Julien Nkoghe Bekale le 04 octobre dernier. C’était à la faveur du lancement de de la seconde phase dudit projet, financé par la Banque africaine de développement (BAD).
Pour cette seconde phase, la BAD entend injecter 65 milliards de FCFA. Selon Racine Kane, directeur général adjoint de cette institution bancaire panafricaine, l’ambition est d’accélérer sa stratégie nationale 2013-2022. Laquelle trouve son fondement dans le deuxième axe de la banque intitulé ‘’Nourrir l’Afrique’’.
Révision du dispositif
De son avis, l’appui de la BAD au programme Graine comprend deux volets, privé et public. Le premier, public consiste à financer les zones concernées, au bénéfice des coopératives et des familles, des investissements économiques et sociaux comme l’eau potable, l’électrification rurale, les écoles, les centres de santé, ainsi que les infrastructures agricoles gratuites (marchés ruraux et entrepôts).
«Ce volet public d’un coût de 98 millions d’euros, près de 65 milliards de francs CFA, s’exécutera à des degrés divers dans 6 des 9 provinces du pays», a précisé Racine Kane. Avant d’indiquer par la suite qu’il «concernera directement environ 500 000 personnes».
Quant au volet privé – malgré le retard pris – il fait actuellement l’objet de concertation intense entre les départements concernés de la BAD et les ministres gabonais de l’Économie, de l’Agriculture, et Sotrader, a déclaré Racine Kane. Il devrait prendre en compte l’aménagement des terres industrielles et vivrières. Tout comme il intégrera l’implantation et la construction d’usines de transformation d’huile de palme.
Quid du programme GRAINE?
Le programme GRAINE est issu d’un partenariat additionnel entre le gouvernement gabonais (51 %) et le groupe singapourien OLAM (49 %), le programme est piloté par la société SOTRADER (société gabonaise de transformation agricole et développement rural).
Ce programme repose essentiellement sur le soutien apporté à la création de coopératives agricoles industrielles au travers, notamment, de la distribution de parcelles de terre aux agriculteurs et la mise en place de modalités propres de préfinancement pour faciliter, en particulier, l’accès aux équipements.
Forte implication du partenaire OLAM
L’objectif de sa première phase (2010-2019) était d’intégrer 70 000 ha de plantations villageoises et industrielles, réparties entre une filière export composée de palmiers à huile (62 000 ha) et une filière domestique sur 8 000 ha (banane plantain, manioc, piment, tomate).
Le programme GRAINE reposait très largement sur l’implication financière du partenaire OLAM. En effet, entre 2011 et 2017, l’investissement cumulé d’Olam dans le secteur agricole aurait atteint 500 Mds FCFA, dont 4% pour le projet Graine depuis 2014 (environ 20 milliards de FCFA).
A l’heure du bilan
Le bilan du démarrage de ce programme est plutôt mitigé, loin des objectifs initiaux. La Sotrader a dû faire face à des difficultés importantes qui n’avait pas toutes été mesurées au préalable : problèmes d’acceptation globale au plan local, sujets de gestion du foncier rural, création ex-nihilo de coopératives, défaillance actuelle du système de crédit agricole, conflits homme-faune dans certaines régions etc. Fin 2018, une forte pénurie de manioc, denrée très consommée localement, a été observée, marquant un échec de la production.
Enrôlement de plusieurs milliers de coopérateurs
Néanmoins, environ 16 000 petits exploitants seraient inscrits au programme, sous près de 800 coopératives pour exploiter un peu plus de 7 000 ha de terres aménagées. Pour la seule année 2018, 210 coopératives agricoles ont été accompagnées dans leur création et 30 agréments d’exploitants agricoles ont été délivrés.




























