Le principal objectif du sommet de Yaoundé tenu en décembre 2016 qui était de trouver une réponse à la crise des matières premières semble bien avoir été atteint. C’est ce qu’indique la Direction générale du Trésor français dans son rapport du mois de juillet 2019.
La voie choisie était celle de l’ajustement budgétaire. Ainsi, avec le soutien du Fonds monétaire international (FMI) et des autres contributeurs des enveloppes de soutien budgétaires en appui des programmes (la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (AFD), l’Union européenne (UE) et la France) ont été débloqués avec des objectifs multiples.
Il s’agissait entre autres de : résorber les déficits jumeaux (budgétaire et extérieur), de reconstituer le niveau des réserves de changes grâce notamment au versement d’aides budgétaires par les bailleurs de fonds et d’engager des politiques visant à diversifier la structure des économies de manière à réduire leur vulnérabilité à l’évolution des prix des matières premières. Malgré quelques retards dans la mise en œuvre, les résultats sont au rendez-vous.
Alors qu’en 2015 et 2016, soit au plus fort de la crise, le déficit budgétaire (dons inclus) de la CEMAC s’établissait à environ 7,5 % du PIB et celui du compte courant de la balance des paiements à environ 13 % du PIB, la reprise de la croissance et une plus grande rigueur budgétaire ont permis de retrouver une situation plus équilibrée.
En 2018, les pays de la zone ont collectivement dégagé leur premier excédent budgétaire depuis 2012 (0,4 %) et le déficit courant s’est résorbé à 2,3 % du PIB. La remontée des cours du pétrole n’est pas étrangère à l’amélioration de la situation économique et budgétaire. Elle a également contribué à la reconstitution des réserves de change. Celles-ci se sont d’abord stabilisées en 2017 avant de progresser de manière plus nette en 2018 (+17,4 % sur un an).
L’intervention du FMI et des bailleurs a également eu un effet décisif du fait des importants décaissements d’appuis budgétaires. Le FMI estime qu’entre 2017 et 2020, l’équivalent de 6 Mds euro devrait normalement être décaissé par ces partenaires au développement.
En outre, d’ici 2020, les réserves devraient atteindre 3,9 mois d’importations, soit un niveau supérieur au seuil minimum fixé pour les pays fonctionnant en régime de change fixe (trois mois), mais toujours inférieur à celui préconisé pour les pays dépendant des exportations de ressources naturelles non transformées (cinq mois), comme c’est le cas pour les pays de la CEMAC.






























