Pour l’année 2022, dans ses prévisions (cours du baril de pétrole à 99,9 dollars), la BEAC table sur trois principaux indicateurs. Le premier porte sur un taux de croissance du PIB réel de 3,2 % contre 1,5 % en 2021, porté principalement par un rebond de la croissance pétrolière (1,9 % en 2022, contre -8,2 % un an plus tôt).
Le deuxième sur une accélération des pressions inflationnistes à 5,2 % en 2022, contre 1,6 % un an plus tôt. Le troisième et dernier élément porte sur le redressement du solde budgétaire base engagements, dons compris, qui deviendrait excédentaire à 0,5 % du PIB en 2022, après -16 % du PIB en 2021, ainsi que celui du solde du compte courant qui passerait de -0,7 % du PIB en 2021 à 5,3 % du PIB en 2022.
Dans ce contexte, souligne la BEAC, la situation macroéconomique des pays de la CEMAC à moyen terme est fortement tributaire de la dynamique des cours des prix des matières premières, eux-mêmes conditionnés par la reprise de la demande mondiale et l’issue du conflit entre l’Ukraine et la Russie.
La croissance économique révisée sur la période 2022-2025 devrait s’établir à 2,6 %. La production effective devrait toujours se maintenir en dessous de la production potentielle tout en s’améliorant à moyen terme malgré la rupture de tendance observée en 2020 en raison de la pandémie de Covid-19.
Dans cette mouvance, a gestion des finances publiques devrait se traduire par creusement du déficit budgétaire, base engagements, hors dons, qui reviendrait en moyenne autour de 1,1 % du PIB sur la période 2023-2025, après – 0,2 % du PIB en 2022.
Concernant le compte extérieur, la dégradation progressive du déficit solde extérieur courant, dons inclus, qui s’aggraverait de – 0,3 % du PIB en 2023 à -2,0 % du PIB en 2024 puis à -2,3 % du PIB en 2025, contre un excédent de 5,3 % du PIB en 2022, en relation essentiellement avec la détérioration anticipée des termes de l’échange sur la période.
Toutefois, tempère la BEAC, il est observé dans la sous-région une accélération plus forte qu’attendue des pressions inflationnistes, avec un taux d’inflation projeté largement au-dessus du seuil communautaire à 4,2 % en septembre 2022, avant de continuer à grimper à 5,2 % en décembre 2022 et d’atteindre le pic de 5,7 % en mars 2023, avant de redescendre à 3,5 % en décembre 2023. En plus, le Le taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) est actuellement de 4 % alors que l’inflation projetée pour 2022 est de 5,2 % en moyenne annuelle.
Dans ce contexte, la BEAC se devait d’agir, en lien avec son mandat, pour assurer la stabilité monétaire, même si l’on anticipe un retour à la normale de la dynamique de l’inflation à partir de 2024. Le TIAO et le taux de la facilité de prêt marginal ont donc été relevés de 50 points de base chacun, pour passer respectivement de 4,00 % à 4,50 % et de 5,75 % à 6,25 % au 4e trimestre 2022.


















