Les Gabonais à l’instar des autres populations africaines subissent de plein fouet, les affres de la guerre en Ukraine. En effet, ce conflit provoque de sérieuses répercussions sur l’économie essentiellement, via la hausse des prix des denrées alimentaires.
Les estimations des services du Fonds monétaire international (FMI) reposant sur des données historiques suggèrent qu’il faut jusqu’à un an, pour que les cours mondiaux des produits de base se transmettent aux prix pratiqués au Gabon en raison d’une faiblesse de la demande intérieure, du contrôle des prix et d’autres distorsions qui limitent la répercussion de l’inflation importée.
Avant ce conflit, l’inflation mesurée par l’IPC (Indice des prix à la consommation) avait entamé une tendance haussière. Elle est passée de 0,6 % en septembre 2021 à 1,7 % en décembre 2021 (en glissement annuel).
Si l’augmentation des prix des denrées alimentaires a été à l’origine de cette évolution, une hausse de l’inflation hors produits alimentaires et énergie a aussi été visible, ce qui laisse entrevoir une progression généralisée pour l’ensemble du panier de l’IPC.
La guerre en Ukraine a aussi accentué les tensions inflationnistes en 2022, principalement via la hausse des prix des denrées alimentaires, qui représentent plus de 40 % du panier de l’IPC. Cela ressort de l’inflation alimentaire, qui a atteint 3,5 % en mars 2022. D’après les calculs des services du FMI, l’impact direct de la hausse des prix des denrées alimentaires sur l’inflation s’élève à 0,8 %.
La contribution des hausses des prix des carburants, directement pour les consommateurs et via les coûts pour les entreprises, a été limitée par les subventions aux carburants de l’État.
L’inflation de base, hors produits alimentaires et énergie, s’est aussi établie à 2,9 % en mars 2022, contre 1,4 % en décembre 2021, sous l’effet de la hausse des prix de l’ameublement et des biens d’équipement des ménages, des services de santé, du loisir (hôtel et restaurant) et d’autres biens et services.
Une nouvelle perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales contribuerait à une hausse de l’inflation à l’échelle mondiale et de l’inflation importée au Gabon.
Dans le contexte de la normalisation de la politique de subventions, qui permet de répercuter intégralement les cours mondiaux du pétrole (à l’exception du butane et du pétrole lampant), il faudrait s’attendre à une augmentation de la contribution des prix des carburants.



















