Interdite d’accès à la prison centrale de Libreville depuis quelques semaines, l’ONG SOS Prisonnier Gabon (SPG) n’entend pas se départir de sa mission de défendre les droits des prisonniers. Dans une déclaration, ce 13 juillet, elle dénonce des actes de déshumanisation de l’être humain au sein de la prison centrale.
Ceux des librevillois qui empruntent régulièrement l’axe Derrière la prison – Feux tricolores de Gros Bouquet ont sans aucun doute remarqué le rafraichissement de la clôture de la prison centrale de Libreville.
Si ce changement est la preuve de l’action des autorités sur la nécessité d’améliorer les conditions de travail des agents de la sécurité pénitentiaire, il semble qu’aucune action n’est menée à l’endroit des pensionnaires de ce pénitencier. C’est notamment ce qui ressort de la déclaration faite ce 13 juillet par l’ONG SOS prisonnier Gabon.
Les défenseurs des droits des prisonniers qualifient cette restructuration externe de l’’arbre qui cache la forêt’’. Ils ont donc décidé de dénoncé ce qu’ils qualifient de conditions de déshumanisation de l’être humain au sein de cette prison centrale. Le fait mis en avant, est l’exigence faite aux prisonniers de vider la fosse septique dans des conditions précaires, notamment à l’aide d’un seau en plastiques.
« Chaque détenu fait 30 tours dans la fosse avec les seaux, sans gants, ni bottes ou autre protection. Que dire du masque ou du gel hydroalcoolique ? Une fois la vidange finie, même de l’eau pour se nettoyer les détenus n’en n’ont pas! Car à la prison centrale de Libreville, l’eau est une denrée rare, c’est comme trouver une aiguille au désert du Sahara. D’ailleurs, à chaque fois qu’il pleut, c’est l’apothéose à la prison centrale, les prisonniers remercient le Bon Dieu d’avoir pensé à eux », relève SOS Prisonnier Gabon, avant de faire remarquer qu’ « une fois la vidange finie, même de l’eau pour se nettoyer les détenus n’en n’ont pas »
Pour éviter d’être astreint à vider la fosse, les détenus doivent verser des cotisations au prisonnier chargé de l’entretien du quartier, souvent appelé le ‘’maire’’. C’est donc ceux qui n’ont pas les moyens de payer qui sont le plus souvent exposé à ce qui pourrait être qualifié de torture, au regard du danger que cela représente pour leur santé.
« Et pourtant, le génie militaire peut bien pallier à cette situation. Comment peut-on permettre à un détenu de vider une fosse septique à l’aide d’un seau d’eau ? Avons-nous perdu toute once d’humanité en milieu carcéral ? L’administration est-elle consciente de tous les risques sanitaires qui découlent de cette pratique? », S’interroge l’ONG.
Le président Lionel Engonga et son équipe entendent saisir les autorités compétentes, afin de mettre fin à cette déshumanisation de l’être humain à la prison centrale de Libreville.



















