La question de la souveraineté alimentaire occupe une place de choix dans le Plan d’accélération de la transformation (PAT). A preuve, le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Biendi Mganga Moussavou est revenu sur cette épineuse question, ce 19 mai 2021. C’était à la faveur du lancement des travaux de mise en œuvre de la réforme économique relative à la stratégie de substitution des importations dans son volet agro-alimentaire.
En effet les ambitions nourries par les autorités gabonaises pour ce secteur agricole sont bien définies dans le Plan d’accélération de la transformation (PAT). Les objectifs assignés au secteur portent notamment sur une augmentation des surfaces cultivées et d’une mise en place des catalyseurs sectoriels dans l’objectif d’augmenter la production et accroître la souveraineté alimentaire du pays.
Ainsi, à l’horizon 2025, le pays ambitionne d’atteindre 430 kt de production de manioc, 340 kt de production de plantain, 50 kt de production de volaille et 900 personnes formées. Ce programme prévoient in fine 50% de réduction des importations agricoles, l’acquisition de 100 000 hectares de surface agricole supplémentaire, 160 kt œufs et 7k ha de sucre cultivés.
Pour ce faire, le gouvernement préconise la mise en place d’un plan de soutien aux acteurs clés du secteur avec un dispositif d’accompagnement assorti. Il est prévu le lancement du programme foncier avec les Zones agricoles à forte productivité (64k ha de terres), la régulation foncière, la valorisation écoresponsable et regroupement d’activités (production, transformation, logistique, commercialisation, formation et recherche).
Le lancement effectif conditionné à la disponibilité des semences (centres de multiplication des semences) est également envisagé. Tout comme, l’accompagnement au développement des filières prioritaires à l’instar du volet vivrier et maraicher.
Mise en œuvre de plusieurs programmes pour relever le défi
Pour réaliser ce défi de la souveraineté alimentaire, le gouvernement va également s’appuyer sur des partenariats paraphés avec des bailleurs de fonds. Il s’agit par exemple du Projet d’appui au programme graine phase I (PAPG1) financé par la Banque africain de développement (BAD) pour un montant de 65 milliards de francs CFA. Ce projet sera exécuté dans six provinces du Gabon, il prévoit le développement des infrastructures agricoles, sociales, la formation des agriculteurs, ainsi que la mise en place d’un fonds de développement agricole.
Le Projet de développement agricole et rural deuxième phase (PDAR 2) conclu avec le Fonds international de développement agricole (FIDA) pour un montant de de 3,5 milliards de FCFA sera également mis à contribution pour la réalisation de ces objectifs d’atteinte de souveraineté alimentaire.
Il consistera entre autres, en un appui aux politiques pour améliorer le cadre institutionnel, l’installation de prestataires de service pour fournir du matériel végétal et co-financement d’infrastructure. Il visera également un projet de loi portant politique semencière végétale, avec la création d’un conseil national semencier, d’un catalogue national des semences et d’un fonds semencier
Le troisième pivot de cette ambitieuse révolution agricole est le Projet d’appui au développement et à l’investissement agricole au Gabon (PRODIAG). Il est fiancé par l’Etat gabonais avec de fonds propres à hauteur de 20% du budget total soit 2,623 milliards de F CFA, puis par un prêt de l’Agence française de développement (AFD), à hauteur de 80% du budget du projet, soit 10,495 milliards de F CFA.
Il vise à sécuriser l’approvisionnement en biens alimentaires des principaux centres urbains gabonais par la promotion d’une agriculture entrepreneuriale performante et respectueuse de l’environnement. Il met aussi en œuvre, un appui technique et en gestion pour les exploitations agricoles visant à améliorer la productivité et la rentabilité des exploitations le développement d’une offre de formation continue touchant tous les aspects de l’exploitation agricole.
Un volet recherche-développement visant à améliorer les parcours techniques et à proposer des alternatives aux cultures existantes est également greffé à ce projet. Tout comme l’appui à la structuration des organisations professionnelles, ainsi qu’à la transformation des produits agricoles. Un fonds dédié aux investissements permet de faciliter l’installation des exploitants agricoles.
Son impact devrait porter sur production additionnelle de 12 800 tonnes de produits vivriers, capables de générer environ 4,3 milliards de FCFA. Il devrait aussi charrier la création de 1 000 exploitations agricoles et ainsi la création de 2 200 emplois directs et 1 000 emplois additionnels.



















