Le Pr Albert Ondo Ossa a animé une conférence de presse, le 14 mai 2021, axée sur l’Etat de la Nation. Au cours de cet exercice, tous les secteurs de la société ont été passés au crible de sa pensée.
S’il a particulièrement été prolixe sur les sujets politiques, l’enseignant de haut rang, agrégé des facultés de sciences économiques et de gestion, n’a pas omis de tracer les layons de sortie de l’impasse économique que traverse le pays.
Evidement la question de la pandémie de la Covid -19 a occupé le premier chapeau de cette série. A propos, le professeur agrégé d’économie met un accent particulier sur les finances publiques et principalement, la maîtrise des dépenses fonctionnement. « Etant donné que la situation budgétaire du Gabon risque de se détériorer de plus belle pendant la récession qui suivra inévitablement la crise du covid-19, l’insoutenabilité probable des finances publiques devrait normalement conduire à des efforts d’assainissement budgétaire, tout au moins, à une meilleure maîtrise des dépenses fonctionnement, en particulier la masse salariale et la dynamique de la dette ».
Une période qui selon lui, devrait indubitablement être ponctuée par un ajustement budgétaire de l’Etat. « L’ajustement budgétaire auquel l’Etat devrait se soumettre avant la fin de l’année 2021, en tout cas juste après les mesures de restriction, consiste en la réduction des dépenses de fonctionnement pour les ramener à 13 % du PIB hors pétrole (en tout cas à un niveau inférieur à 15 %)…», explique-t-il.
Pour le professeur d’économie, la maîtrise de la masse salariale à court et à moyen termes, constitue un défi permanent pour le Gabon depuis 2014. De ce fait, en vue de « contenir l’évolution inquiétante de la masse salariale, il ne s’agit pas seulement, comme cela a été proposé à la hâte (du reste sous la pression du FMI), de suspendre de manière drastique les recrutements, ni de précipiter les départs à la retraite des fonctionnaires, encore moins de ne pas les remplacer comme c’est le cas aujourd’hui », souligne-t-il.
Pour ce faire, il préconise plutôt de réduire le taux de progression des recrutements et de le caler au mieux, à celui de la population qui est de 2 %. En matière de relance économique, la formule préconisée porte sur deux principaux axes : la relance par la consommation et par l’investissement. Dans son exposé, le Pr précise que la relance par la consommation sera essentiellement portée par le paiement de la dette intérieure, le paiement des pensions de retraite, le paiement des rappels sur salaires et autres arriérés, ainsi que par la revalorisation du pouvoir d’achat des citoyens.
Autant de dépenses, qui selon lui, «seront couvertes par les ressources additionnelles (les économies budgétaires) obtenues grâce à une meilleure gouvernance et aux mesures de stabilisation de l’économie… »
Quant à la relance par l’investissement, elle « consistera à relever le taux d’investissement à 35 %, sous réserve de l’augmentation de la capacité d’absorption du pays et de la dynamisation du secteur privé, ce qui revient à alléger les procédures de création des entreprises, de mettre fin à la parafiscalité et autres tracasseries qui pénalisent les entreprises, bloquent la promotion des PME/PMI et entravent le développement de l’activité économique », soutient-il.
Cette relance par l’investissement passe aussi inévitablement par la réduction du coût de l’énergie, consécutive à un assainissement conséquent des différentes filières de distribution, ce qui permettrait à l’Etat de proposer de nouveaux tarifs plus incitatifs pour les entreprises et indicateurs pertinents de la revalorisation du pouvoir d’achat des citoyens, ainsi qu’il suit :
-électricité : de 122,96 francs CFA le KW/H à 80 ;
-essence: de 605 francs CFA à 400 ; -gas-oil : de 585 francs CFA à 300 ;
-pétrole lampant (kérosène): de 450 francs CFA à 150 ;
-bouteille de gaz : de 6.500 francs CFA à 4.000.
Pour le Pr Albert Ondo Ossa, «Une telle baisse des tarifs est tout à fait possible sans porter un coup au fonctionnement normal et régulier de l’Etat. »



















