La Covid-19 a affecté les finances publiques de la Guinée équatoriale déjà dégradées. En effet, la loi de finances 2021 confirme les difficultés du gouvernement à réduire le train de vie de l’Etat équato-guinéen. Sur fond de crise sanitaire et de déclin économique, la Guinée équatoriale ne prévoit pas de mesures radicales pour réduire les dépenses de l’Etat, en dépit de ressources en baisse (-29 % en deux ans) et d’une dette qui s’aggrave (51 % du PIB).
L’impact de la Covid-19
Le gouvernement table, comme le FMI, sur une récession de -4,6 % en 2020 et un retour à la croissance de 2,0 % en 2021. Ce retour à la croissance interviendrait après six années de récession à la suite du choc pétrolier de 2014. L’installation du gazoduc entre l’unité d’Allen et le complexe pétrochimique de Punta Europa devrait permettre une meilleure monétisation du gaz en Guinée équatoriale, améliorant ainsi la situation. Les estimations se fondent sur une valeur conservatrice du prix du baril à 39 USD, un niveau qui se situe en deçà des cours actuels.
La baisse des cours pétroliers en 2020, conséquence économique de la crise sanitaire, a mécaniquement fait chuter les recettes internes de l’Etat, qui dépendent encore à 71 % des revenus de l’exploitation d’hydrocarbures. Les recettes internes du budget 2021 sont par ailleurs projetées en diminution par rapport au budget réajusté 2020 (-5,5 %). La LFI ne procède qu’à des amendements fiscaux superficiels, les recettes non pétrolières (+13,6 %) ne permettent donc pas de venir pallier la chute des prix et de la production d’hydrocarbures malgré des engagements en ce sens de la part des autorités lors de la signature du programme FMI.
Les dépenses restent relativement stables depuis deux ans. Les dépenses courantes se contractent légèrement à 724 Mds FCFA : l’augmentation des dépenses de personnel (+4,1 %) est plus que compensée par la baisse des achats de biens et services (-3,3 %), et des transferts et subventions (-3,9 %). Les dépenses en capital augmentent légèrement (+4,9 %), principalement du fait d’opérations de prises de participation, alors que les dépenses d’investissement restent relativement stables, à un seuil planché de 272 Mds FCFA.
Cette situation creuse de nouveau le déficit budgétaire, à 4% en 2021 contre 3% en 2020, faisant croître une dette désormais préoccupante (aux alentours de 51 % du PIB). Les investissements (5% du PIB et 29% des dépenses totales), plus détaillés que dans le passé, servent principalement à financer des projets d’infrastructures (routes, logements sociaux, secteur énergétique).
L’emprunt est la solution privilégiée à court terme, afin de combler le déficit annoncé
Le ministère des finances espère faire face aux différents remboursements et au déficit en obtenant notamment des prêts du FMI et de la BAD ainsi qu’un appui de 100 Mds FCFA de la Chine (via le renouvellement d’un prêt existant). La stabilité des comptes dépend aussi de la réussite d’une opération de titrisation et de l’émission de bons du trésor pour une valeur totale de 332 Mds FCFA. La disponibilité des bailleurs internationaux à octroyer des prêts supplémentaires, ou, dans le cas du FMI à entamer une nouvelle revue dans le cas du programme déjà engagé, dépendra de la capacité du gouvernement à respecter les engagements pris en matière de réforme fiscale, de lutte contre la corruption, et d’amélioration du climat des affaires.
Avec la DGTF



















