Outre les fortes perturbations économiques qu’elles ont engendrées durant la crise des matières premières de 2014, les difficultés rencontrées par de nombreuses entreprises pour réaliser des opérations en devises ont largement ravivé les craintes d’une éventuelle dévaluation du FCFA.
Celles-ci avaient ressurgi à la suite de la crise des matières premières de 2014 en raison de la chute des réserves de change qu’elle avait occasionné (-62 % entre 2014 et 2017). Les données publiées par la BEAC montrent pourtant que, non seulement les réserves de change ne se sont pas réduites ces derniers mois mais que le rythme de reconstitution s’est au contraire accéléré, ce qui atteste bien du fait que les problèmes de transferts ne sont en aucune façon le symptôme d’une raréfaction des devises.
Les avoirs extérieurs détenus par la BEAC s’élevaient à 4 273 milliards de FCFA à fin juillet 2019 (en hausse de 63 % par rapport aux 2 625 milliards de FCFA enregistrés en juin 2017 au moment de la conclusion des programmes FMI). Ces chiffres, comparés à ceux observés à la veille de la dévaluation de 1994, montrent que les réserves de change atteignaient 165 milliards de FCFA, soit 1,2 mois d’importations, contre 2,3 mois à mi-2017, au plus fort de la crise, et 2,8 mois environ à ce jour.
L’inquiétude des acteurs économiques portant sur la dévaluation du franc CFA est donc infondée. Rappelons enfin que la conclusion coordonnée de programmes entre les pays de la zone et le FMI a été décisive pour stabiliser la situation économique et monétaire de la CEMAC.
La remontée du niveau des réserves coïncide avec la signature des programmes avec le Cameroun, le Gabon et le Tchad (juin 2017). La signature du programme avec le Congo (juillet 2019) et la perspective d’un aboutissement des négociations avec la Guinée équatoriale d’ici début 2020 sont autant de signaux qui laissent imaginer une poursuite de ce mouvement.





























