Selon le Fonds monétaire international (FMI), jusqu’à présent, l’assainissement budgétaire dans les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a surtout consisté à rationaliser les dépenses non prioritaires, alors que peu de progrès ont été faits dans la hausse des recettes non pétrolières, qui restent très modestes.
D’après une analyse de cette institution onusienne, l’assainissement budgétaire des pays membres de la CEMAC a bien progressé. Comme ils s’y étaient engagés lors du sommet extraordinaire des Chefs d’État de décembre 2016, les pays membres ont mis en œuvre des programmes d’ajustement ambitieux pour éviter l’épuisement des réserves de change régionales et préserver l’accord d’union monétaire.
Conjuguées aux mesures déjà prises en 2015–16 à la suite de la forte baisse des prix du pétrole, les ajustements effectués dans le cadre de la stratégie régionale ont contribué à la baisse du déficit budgétaire primaire hors pétrole de la région, qui est passé de 25,1 % du PIB non pétrolier en 2014 à 10,2 % en 2017.
Cette diminution correspond à peu près à l’aggravation de ce déficit observée de 2007 à 2014, l’une des principales raisons des difficultés budgétaires et externes de la région. Elle équivaut également au fléchissement des recettes pétrolières au cours de la période contrairement à ce qui avait été envisagé au départ, ces efforts ont jusqu’à présent consisté essentiellement à rationaliser les dépenses non prioritaires.
En supposant que les États membres atteignent leurs objectifs de déficit budgétaire pour 2018, la réduction totale de celui-ci en 2017–18 aura été approximativement conforme à ce qui était envisagé lors du lancement de la stratégie régionale.
Alors que la réduction du déficit non pétrolier était censée résulter en partie d’une hausse des recettes non pétrolières. Celle-ci ne s’est pas concrétisée et on prévoit désormais qu’elles seront légèrement moindres en 2018 qu’en 2016.
Si la RCA et le Cameroun ont réussi à augmenter quelque peu ces recettes, le Congo et le Gabon ont vu les leurs diminuer sensiblement. En fait, l’ajustement budgétaire recherché a découlé de coupes plus importantes qu’envisagées initialement dans les dépenses d’investissement. Mais la rationalisation des dépenses courantes primaires a été moins ambitieuse que ce qui était attendu au départ.
La nécessité de poursuivre l’assainissement budgétaire dans un contexte de déclin structurel des recettes pétrolières
Pour ancrer fermement la dette sur une trajectoire de baisse tout en reconstituant des amortisseurs de réserves de change appropriés — et éventuellement, dans le cas des producteurs de pétrole, en accumulant une épargne destinée aux générations futures — les États membres doivent maintenir leurs efforts de redressement budgétaire, mais aussi mettre en œuvre des réformes structurelles, pour favoriser une croissance accélérée et solidaire.
En effet, la dette publique est passée de 20,7 % du PIB à la fin de 2012 à 53,6 % à la fin de 2017. Parallèlement, les réserves de change de la BEAC sont tombées de 8 865 milliards FCFA à 3 128 milliards FCFA (et de 5,6 mois à 2,3 mois d’importations anticipées).
En outre, on prévoit que le ratio recettes pétrolières/PIB, après avoir rebondi à quelque 7,5 % en 2018 du fait de la hausse récente des prix du pétrole, recommence à diminuer à partir de 2019 pour s’établir à 4,5 % en 2023. Cela, en raison d’un recul progressif de la production (qui passerait de d’environ 370 millions de barils en 2019 à environ 330 millions en 2022) et des prix. Cela ajoute à la nécessité de réduire encore le solde primaire hors pétrole de la région, qui devrait être proche de 6 % du PIB non pétrolier de 2018 à 2020.
Alexandre Le-grand































