La Société financière internationale (SFI) soutient un programme qui vise à restaurer le chemin de fer Transgabonais, en facilitant l’accès des entreprises aux marchés et en encourageant la diversification économique.
Le Gabon est le quatrième producteur mondial de minerai de manganèse et dispose d’importantes ressources inexploitées en minerai de fer. Cela lui confère un rôle clé dans la chaîne de valeur mondiale de la fabrication de l’acier.
Mais le transport du manganèse de l’intérieur du pays vers le port, où il peut être expédié à l’étranger, est un problème depuis des décennies. Le chemin de fer Transgabonais du Gabon, chargé du transport du manganèse, ne disposait pas de la capacité nécessaire pour fonctionner au besoin. Cela a freiné la croissance nationale.
À présent, un programme d’investissement et un plan de redressement de 315 millions d’euros (362 millions de dollars) soutenus par la SFI aident à rétablir la capacité de transport du chemin de fer Transgabonais.
Le projet réduira les coûts d’exploitation directs de la voie ferrée tout en stimulant la croissance économique nationale grâce à une infrastructure partagée améliorée. Le financement a été attribué à la Société d’exploitation du Transgabonais (SETRAG), concessionnaire qui exploite la ligne ferroviaire de 650 km depuis 2005.
Selon la SFI, ‘’le chemin de fer réhabilité offrira une solution de transport efficace et rentable aux sociétés minières et aux clients du transport de marchandises en général, facilitant l’accès des entreprises aux marchés, aux investissements industriels et à la croissance économique au Gabon. Le réseau amélioré offrira également un moyen de transport plus propre et plus sûr à plus de 300 000 passagers empruntant le train chaque année’’.
Pleine vitesse
Au cours des 40 dernières années, la richesse pétrolière du Gabon en a fait l’un des rares pays à revenu intermédiaire du continent africain. Cependant, les indicateurs de développement humain du Gabon sont bien inférieurs à ceux des pays ayant un PIB par habitant similaire et l’inégalité des revenus reste élevée.
Dans ce contexte, la production de pétrole est en baisse. Pour renforcer l’économie gabonaise et mieux servir ses citoyens, le gouvernement gabonais diversifie les sources de croissance économique et accorde une attention particulière au potentiel de développement de son secteur minier.
Un meilleur système ferroviaire jouera un rôle de transformation. En transportant de manière fiable du manganèse, des produits ligneux et des produits agricoles destinés à l’exportation, le Transgabonais réhabilité – une ligne à voie unique à voie normale reliant la ville de Franceville dans la région minière de l’est du Gabon via 23 stations à son principal port d’Owendo – peut contribuer à la diversification économique du Gabon.
Une fois que la réhabilitation de l’infrastructure ferroviaire et la révision des procédures d’exploitation seront terminées en 2022, la capacité de transport quotidienne de la ligne de chemin de fer doublera pour atteindre 16 allers et retours en train. Cela ajoutera effectivement l’équivalent de 20 millions de tonnes par an de capacité de transport minier sur de longues distances.
Cette capacité supplémentaire sera fournie à un coût inférieur : les tarifs de transport projetés devraient diminuer d’au moins 15% en termes réels d’ici 2022 par rapport à 2015, année du lancement du projet. Les tarifs les plus bas seront viables car SETRAG a atteint la rentabilité en 2017, soit deux ans plus tôt que prévu.
Ces avantages toucheront de nombreux Gabonais. Les projections indiquent que des dizaines de milliers d’emplois directs et indirects pourraient être créés dans les secteurs minier et agricole grâce à la réhabilitation des infrastructures de transport.
Partenariat pour améliorer les normes environnementales et sociales
Le financement arrangé par la SFI comprend un prêt de 35 millions d’euros pour le compte de la SFI, 17,5 millions d’euros provenant du programme de gestion du portefeuille de co-prêt et un prêt parallèle de 32,5 millions d’euros de Proparco, la branche de financement du secteur privé de l’Agence française de développement.
Tout au long du projet, l’IFC fournit des capitaux et des opérations de couverture à long terme, mobilise des fonds supplémentaires pour mener à bien le plan de financement et s’associe à SETRAG pour veiller à ce que les normes environnementales et sociales soient alignées sur les normes de performance de l’IFC
Alexandre Le-grand



























