L’activité économique reprend progressivement avec une relative amélioration des positions extérieure et budgétaire, grâce aux cours élevés du pétrole.
Croissance
Une reprise de la croissance réelle est prévue en 2018, mais à un rythme plus lent (1,2 %) que les prévisions (2 %), à cause d’une production pétrolière plus faible que prévu jusqu’au troisième trimestre de 20181 et d’une mise en œuvre plus lente du programme d’investissements publics.
Inflation
L’inflation est montée à 3,4 % (moyenne sur 12 mois) en septembre 2018 (contre 2,7 % en décembre 2017), sous l’influence d’une hausse des prix alimentaires et de la répercussion des cours internationaux du pétrole, également plus élevés.
Position extérieure
L’amélioration de la balance commerciale est attribuable à la stagnation de la croissance des importations, particulièrement pour les biens de consommation. Malgré l’amélioration des termes d’échange, le rebond des exportations s’avère plus faible que prévu, à cause du volume décevant de la production pétrolière et d’un déraillement qui a perturbé brièvement les expéditions de manganèse plus tôt cette année.
Politique budgétaire
À la fin du mois de septembre 2018, les recettes non pétrolières étaient supérieures aux objectifs fixés témoignant ainsi du renforcement de l’administration des recettes2 et de l’impact des nouvelles mesures envisagées dans la loi de finances rectificative de 2018.
Cependant, les dépenses ont également dépassé les niveaux programmés. Malgré certains progrès, notamment dans la réduction du nombre d’emplois à la présidence et dans les ministères dépensiers, les économies réalisées sur la masse salariale n’ont pas atteint l’objectif budgétaire fixé, principalement parce que les autorités n’ont pas encore réduit le niveau des primes et des salaires.
Le dépassement des dépenses en biens et services est attribuable aux dépenses liées aux élections. La mise en œuvre tardive, pour des raisons électorales, des réformes visant à réduire le nombre d’organismes autonomes a entraîné des dérapages dans des comptes spéciaux.
En même temps, les dépenses d’investissement financées sur ressources intérieures et extérieures ont été plus élevées que prévu. Globalement, le déficit primaire hors pétrole à la fin septembre 2018 (5,4 % du PIB hors pétrole) est inférieur à l’objectif ajusté du programme (6,0 % du PIB hors pétrole).
Dette
Les autorités continuent d’éprouver des difficultés à respecter le calendrier du service de la dette extérieure, principalement en raison de conditions de liquidité serrée, du manque de coordination entre les responsables du service de la dette et le Trésor, et des difficultés techniques du service de la dette résultant des pénalités associées aux arriérés récemment apurés.
À la fin du mois de novembre, les autorités ont fait état d’une accumulation de 9,4 milliards de FCFA en nouveaux arriérés officiels, extérieurs et garantis, dont 8,5 milliards de FCFA ont été commerciaux non garantis que les autorités prévoient d’apurer d’ici la fin décembre 2018.
Politique monétaire et secteur bancaire
La croissance de la masse monétaire au sens large atteignait 23 % (en glissement annuel) à la fin septembre 2018, principalement sous l’effet d’une augmentation des dépôts du secteur privé. Le crédit au secteur privé a également augmenté de 4,7 % (en glissement annuel).
Les risques macro-financiers sont globalement maîtrisés, la solvabilité des banques paraissant stable. Cependant, la qualité des actifs continue de se détériorer lentement, les prêts improductifs et en souffrance représentant respectivement 10 % et 15 % des prêts bruts à la fin août 2018. Le provisionnement des prêts improductifs reste adéquat avec un taux de couverture de plus de 90 %.
Alexandre Le-grand





























