Selon la Banque centrale commune aux six Etas de la Cemac, l’état de mise en œuvre des mesures adoptées par le Comité de politique monétaire (CPM), face à la crise Covid-19 se veut encourageant.
En effet, au 31 mai 2021, toutes les mesures adoptées par le CPM dans la stratégie de riposte à la crise de la Covid-19 ont été mises en œuvre. Concernant les reprises des injections actives de la BEAC sur le marché monétaire, le maintien à 250 milliards de FCFA, du montant mis en adjudication au titre de l’opération principale et les injections sur une maturité de 12 mois ont porté l’encours des concours de la BEAC au système bancaire de 252,7 milliards de FCFA, au 31 mars 2020 à 588 milliards à fin mai 2021
Il y a lieu de préciser que les demandes des banques au titre des interventions hebdomadaires de la Banque Centrale sur le marché monétaire ont progressivement évolué, avec un taux de souscription passant de 13,1% à fin mars 2020 à 124,1% au 31 mai 2021, après un pic de 132,5% observé au 23 mars 2021.
Concomitamment au relèvement du montant de liquidités à injecter sur le marché monétaire, le volume des opérations interbancaires est en hausse, avec un recul des transactions bancaires extra groupe (collatéralisées) et un accroissement des transactions intra groupe (non collatéralisées), traduction de la hausse du niveau de risque perçu par les banques.
En effet, évalué à 226,3 milliards de FCFA, en mars 2020 (dont 137,9 milliards de FCFA d’opérations de pension-livrée et 88,4 milliards de FCFA d’opérations en blanc), l’encours des transactions interbancaires s’est établi à 230,8 milliards de FCFA, à fin mai 2021 (dont 130,1 milliards de FCFA, d’opérations de pension-livrée et 100,7 milliards de FCFA, d’opérations en blanc), avec un creux de 151,5 milliards de FCFA en juillet 2020.
Avec cette hausse des activités sur le compartiment interbancaire, il a été observé une augmentation du le Taux Interbancaire Moyen Pondér (TIMP) des opérations en blanc, passant de 3,56% à 4,67% entre mars 2020 et mai 2021, et un recul de celui des opérations collatéralisées, revenant de 5% à 3,50% sur la même période.
S’agissant des mesures relatives au collatéral dans le cadre du refinancement des établissements de crédit, les révisions à la hausse des décotes applicables aux titres publics émis dans la CEMAC admis comme collatéral aux opérations de politique monétaire ont été suspendues et les conditions d’éligibilité des créances privées à court terme ont été assouplies, notamment en ce qui concerne les impayés.
En outre, toutes les décotes applicables aux titres publics admis comme collatéral aux opérations de politique monétaire ont été réduites de 800 points de base. Ces réaménagements ont induit une augmentation des facultés d’avances disponibles de plus de 238,4 milliards de FCFA, sur le collatéral public et près de 22,9 milliards de FCFA, sur le collatéral privé.
Ils sont en vigueur jusqu’au 30 juin 2021. Ainsi, au 31 mai 2021, la faculté d’avances disponible des contreparties du marché monétaire est évaluée à 2 566,1 milliards de FCFA, largement au-dessus des besoins de refinancement du système bancaire.
Quant aux rachats des titres publics sur le marché secondaire, quatre pays (Cameroun, Congo, Gabon et Tchad) ont adhéré au programme et ont déjà bénéficié des interventions de la BEAC sur certaines lignes de titres. La RCA n’a pas encore introduit de demande d’éligibilité pour ce programme.
Au 31 mai 2021, le volume des titres déjà acheté par la BEAC s’élève à 215,6 milliards de FCFA (Cameroun, 13,2 milliards ; Congo, 61,8 milliards ; Gabon, 77,7 milliards ; Tchad, 62,9 milliards).
Il conviendrait de préciser que les conditions de mise en œuvre du programme de rachats ont été assouplies en mars 2021. Notamment, avec l’élargissement des titres éligibles aux Bons de Trésor assimilables (BTA) de 52 semaines et la réduction du seuil d’intervention de la BEAC à une souscription par les Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT) d’au moins 10%, du montant mis en adjudication par ligne de titres contre 50% auparavant.



















