Vera Songwe, la Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), a récemment appelé à la promotion des Partenariats public-privé (PPP), pour financer le développement en Afrique.
C’était à la faveur du 4ème Forum international des Partenariats public-privé récemment organisé à Genève. Cette rencontre avait pour but, de présenter les projets ainsi que les approches sur les PPP centrés sur la population et la manière dont les Nations Unies s’unissent pour mettre en œuvre le Programme de développement durable à l’horizon 2030.
Dans son discours liminaire, Mme Songwe a indiqué que le secteur privé a un rôle énorme à jouer. Notamment en tant que moteur de la croissance et de la réduction de la pauvreté sur le continent. Cela au regard de son potentiel pour atteindre les ODD. « De nombreuses infrastructures sont financées par le biais de PPP, à l’échelle mondiale », a-t-elle notée.
Pour réussir ce modèle économique, elle a insisté sur la maîtrise des PPP. Elle a ainsi déploré le fait qu’il n’est pas bien connu. Et que de ce fait, il est nécessaire que les secteurs public et privé comprennent ses avantages. « Ils doivent être définis avec précision et bien utilisés », a-t-elle ajouté.
Elle a également loué leur apport sur le développement du continent. A cet effet, a-t-elle indiqué, « ni le secteur privé ni le secteur public ne peuvent financer seuls le développement. Il est nécessaire de comprendre l’association des actifs et les catégories d’actifs alors que nous faisons face aux tensions au sein des PPP, qui impliquent plusieurs coalitions, afin de maximiser leurs zones critiques potentielles, y compris dans les secteurs de l’eau et de l’assainissement ».
Vera Songwe a néanmoins cité plusieurs cas d’école. « Dans le secteur de l’énergie, les PPP se sont bien déroulés. Ceci offre maintenant au secteur privé l’occasion de reproduire des projets similaires, sur la base des enseignements tirés », a-t-elle affirmée.
Pour Mme Songwe, les deux principaux enseignements tirés de cette expérience sont notamment le besoin de stabilité des contrats PPP ; et la répartition raisonnable des risques. Elle a également indiqué qu’actuellement, les risques dans les projets PPP, ont tendance à être plus lourd pour le secteur public.
Ce déséquilibre doit changer, les risques étant répartis de manière adéquate entre les deux secteurs, informe-t-elle. Par exemple, la patronne de la CEA note que les garanties constituent une dette à 100%.
«Du point de vue macroéconomique, cet arrangement désavantage les gouvernements. Ceci doit changer manière à définir les risques et les avantages » ajoute-t-elle.
Au niveau de la CEA, une Division en charge du secteur privé et des finances a été mise en place. Une partie du travail consiste à aider les pays membres à mettre en œuvre des PPP, précise-t-elle.
En effet, la Commission encourage les pays à mettre en œuvre au moins un ou deux PPP, dont l’expérience leur fournira des connaissances et des informations sur la preuve de concept avant de les normaliser.
Cependant, l’on souligne qu’il est nécessaire de créer un nouveau projet PPP requis. Cette approche devra s’appuyer sur le ministère des finances et les agences d’investissement public, présents sur le continent.
« Il est nécessaire de tirer profit des expériences réussies et aussi des opportunités émergentes. Il existe une nouvelle frontière de la technologie numérique. Nous travaillons maintenant sur des PPP pour le haut débit, au-delà de ce que nous avons appris pour les routes et l’énergie », révèle la Secrétaire exécutive.
Pour ce faire, les commissions régionales des Nations Unies jouent un rôle majeur dans l’échange d’informations, d’expériences et d’idées, compte tenu des changements mondiaux actuels.
En prélude au prochain dialogue de l’AG des Nations Unies, lors de la conférence sur le financement du développement prévu en septembre à New York, la Secrétaire exécutive sensibilise déjà les participants.
Elle les invite ainsi à formuler des idées concrètes et des messages clés pouvant être présentés par les commissions régionales des Nations Unies pour aider à recueillir tous les financements disponibles.
La Rédaction avec la CEA






























