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Accueil International

Afrique subsaharienne : La Banque mondiale table sur une croissance de 3,4 % en 2019

La Rédaction par La Rédaction
février 16, 2021
dans International, La Une
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Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale.

Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale.

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C’est la conclusion de l’édition de janvier 2019 des Perspectives pour l’économie mondiale, publiées mardi par la Banque mondiale.

Dans cette édition, l’institution de Bretton Woods table sur un fléchissement de la croissance économique mondiale cette année, pour passer d’un taux (révisé à la baisse) de 3 % en 2018 à 2,9 % en 2019 en raison de l’affaiblissement du commerce et de l’investissement, dans un contexte d’accentuation des risques de détérioration des perspectives.

Selon ces Perspectives, la croissance devrait tomber à 2 % cette année dans les économies avancées. Dans le même temps, le ralentissement de la demande extérieure, l’accroissement des charges d’emprunt et la persistance de l’incertitude en matière de politiques publiques devraient peser sur les perspectives des marchés émergents et des économies en développement. Dans ce groupe de pays, la croissance économique devrait rester stable cette année, mais à un taux de 4,2 % plus faible que prévu.

« Après avoir tourné à plein régime au début de 2018, l’économie mondiale a perdu de la vitesse en cours d’année et le chemin pourrait être encore plus cahoteux en 2019 », prévient Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale.

Avant d’ajouter que : « L’intensification des vents contraires, économiques et financiers, auxquels sont confrontés les pays émergents et en développement, risque de compromettre les progrès accomplis par la communauté mondiale dans la réduction de l’extrême pauvreté. Pour maintenir une bonne dynamique, les pays doivent investir dans le capital humain, promouvoir une croissance inclusive et établir des sociétés résilientes. »

Afrique subsaharienne

Le redressement de l’économie subsaharienne se poursuit, bien qu’à un rythme plus faible. On estime que la croissance dans la région a progressé, passant de 2,6 % en 2017 à 2,7 % en 2018.

Toutefois, cette progression est inférieure aux prévisions, en raison en partie des faiblesses observées au Nigéria, en Afrique du Sud et en Angola. La région a été confrontée à un environnement extérieur plus difficile durant l’année qui vient de s’achever, caractérisé par le ralentissement du commerce mondial, le resserrement des conditions de financement et le raffermissement du dollar américain.

La croissance au Nigéria a augmenté à 1,9 %, tandis que la production pétrolière chutait en milieu d’année et l’activité non pétrolière était plombée par l’atonie de la demande de biens de consommation et les différends qui ont perturbé la campagne agricole. En Angola, deuxième plus gros exportateur de pétrole de la région, l’économie s’est contractée de 1,8 %, du fait de la diminution de la production pétrolière.

Sortie d’une récession technique au second semestre 2018, l’économie sud-africaine a progressé de 0,9 %, grâce en partie à l’amélioration de la situation dans le secteur agricole et dans l’industrie manufacturière.

Cependant, elle continue d’afficher une croissance tenue, les difficultés de l’industrie extractive et l’atonie du secteur de la construction ayant été accentuées par l’incertitude des politiques et le manque de confiance des entreprises.

Les économies de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ont tiré profit de l’augmentation de la production pétrolière et de la bonne tenue des prix du pétrole durant la grande majorité de l’année 2018. Soutenue par la production agricole, les services, la consommation des ménages et l’investissement public, l’activité économique dans les pays pauvres en ressources naturelles a été robuste.

Plusieurs pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine — notamment le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Sénégal — ont enregistré un taux de croissance de 6 % ou plus.

Partout dans la région, il est devenu plus difficile de financer la balance des paiements dans un contexte marqué par le renchérissement des coûts des emprunts extérieurs et l’affaiblissement des flux de capitaux. Les monnaies de la région ont perdu de la valeur alors que le dollar américain s’appréciait et l’attrait des investisseurs pour les marchés émergents diminuait.

Perspectives

La croissance dans la région devrait se renforcer à 3,4 % en 2019, à la faveur de la diminution des incertitudes autour des politiques publiques et de l’accroissement des investissements dans les grandes économies, ainsi que de la poursuite d’une croissance robuste dans les pays pauvres en ressources naturelles. La croissance par habitant devrait rester largement inférieure à la moyenne à long terme dans de nombreux pays, et contribuer dans une faible mesure à la réduction de la pauvreté.

La croissance au Nigéria devrait atteindre 2,2 % en 2019, dans l’hypothèse que la production pétrolière redémarre et qu’une lente amélioration de la demande privée freine le développement des industries non pétrolières. Tablant sur l’entrée en production de nouveaux champs pétrolifères qui devraient favoriser la reprise dans le secteur pétrolier, et sur la poursuite des réformes qui stimulent la conjoncture économique, les prévisions pour l’Angola font état d’un taux de croissance de 2,9 % en 2019.

L’Afrique du Sud devrait voir sa croissance bondir légèrement à 1,3 %, dans un contexte marqué par les contraintes qui pèsent sur la demande intérieure et par la réduction des dépenses publiques. Poussée par l’augmentation de la production pétrolière et une hausse de la demande intérieure consécutive à l’assouplissement des mesures d’austérité budgétaire, l’activité économique devrait s’accélérer pour atteindre un taux de 3 % dans les pays de la CEMAC. On devrait observer un léger rebond de la croissance chez les exportateurs de métaux, soutenu en partie par une plus forte activité minière. Dans les pays pauvres en ressources naturelles, l’investissement public et une production agricole abondante devraient favoriser le maintien d’une activité robuste. La croissance devrait ralentir en Côte d’Ivoire, à 7,3 %, rebondir au Kenya à 5,8 % et s’envoler en Tanzanie à 6,8 %.

Risques

La balance des risques penche négativement sur les perspectives régionales. Une croissance plus lente que prévu dans la zone euro et en Chine devrait avoir des répercussions négatives sur la région, qui se manifesteraient par une baisse de la demande d’exportations et une diminution des investissements. Les producteurs de métaux de la région seraient probablement durement touchés par l’escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine.

Une normalisation plus rapide que prévu de la politique monétaire des pays avancés pourrait se traduire par de fortes réductions des apports de capitaux, le renchérissement des coûts de financement et de brusques dépréciations des taux de change. La dépendance accrue à l’égard des emprunts en devises a accru les risques de refinancement et la vulnérabilité aux fluctuations des taux de change dans les pays débiteurs.

Les risques intérieurs, en particulier, restent élevés. L’incertitude politique et l’affaiblissement concomitant des réformes économiques pourraient continuer à peser sur les perspectives de nombreux pays. Là où se dérouleront des élections en 2019 (p. ex. Malawi, Mozambique, Nigéria, Afrique du Sud), des considérations de politique intérieure pourraient remettre en cause les engagements nécessaires pour s’attaquer aux déficits budgétaires ou mettre en œuvre les réformes structurelles, particulièrement si le niveau de la dette publique est élevé et augmente.

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