Au Gabon, la désacralisation du ‘’Dieu’’ pétrole ne semble pas une mince affaire, malgré la chute des cours au milieu des années 2010, l’épuisement progressif des champs onshore et le départ de certaines compagnies (Shell en 2017) et l’interruption de l’exploration. Tout au contraire, de nouvelles découvertes offshore essayent de relancer l’intérêt pour le développement du secteur et permettent la hausse des volumes en 2023 (à 207 000 bl/j environ contre 196 000 bl/j en 2022).
En outre, le lancement de nouveaux puits offshores (champs Hibiscus) aurait favorisé la production en 2024, malgré des incidents opérationnels du début d’année. La production devrait cependant se stabiliser, voire baisser par la suite. Une demande internationale peu dynamique qui pèse sur les cours et le contexte politique national risquent en effet de peser sur les investissements.
La décision du gouvernement de transition de préempter, début 2024, la société Assala Energy et de prendre une participation de 30% dans la Société d’entreposage de produits pétroliers (SGEPP) pourrait réduire l’attractivité du secteur pour les investisseurs privés. Le Gabon possède également des réserves de gaz, principalement associées à la production pétrolière, mais la production reste limitée.
Le pays s’est aussi engagé depuis plusieurs années, dans la diversification de son économie en particulier vers l’exploitation minière : le manganèse dont le Gabon est le 2ème producteur mondial (mine de Moanda notamment, exploitée par la société française Eramet via sa filiale Comilog) et le minerai de fer. Dans cette dynamique, le gouvernement de transition a lancé un Plan national de développement pour la transition (PNDT 2024- 2026) qui prévoit près de 300 projets pour pallier le manque d’infrastructures du pays. Mais leur réalisation impliquera d’importants investissements que le pays pourrait rencontrer des difficultés à financer.



















