Cette situation résulte de la réforme des subventions sur les produits pétroliers préconisée par le Fonds monétaire international (FMI).
L’objectif recherché par l’institution de Bretton Woods, consistait à dégager des marges budgétaires. Le 29 janvier 2015, en réponse à ces demandes répétées passées entre-temps, pour des exigences, le gouvernement gabonais réuni en Conseil des ministres, a décidé de la mise en œuvre de la réforme des subventions sur les produits pétroliers. Notamment par « l’élimination complète des subventions sur le gas-oil et l’essence » afin de dégager des marges budgétaires.
Conséquences, entre juillet 2015 et juin 2019, les prix de l’essence vendue à la pompe se sont accrus de 30% passant de 535 FCFA à 695 FCFA le litre, tandis que ceux du gas-oil ont connu une hausse de 43% passant de 470 FCFA à 670 FCFA le litre. Ainsi, la suppression de la subvention des prix grand-public de l’essence et du gas-oil, sans pour autant prévoir un plafond de prix à partir duquel elle pourrait-être réactivée, fait peser sur le pays un risque social fort.
Impact de la suppression de la subvention
Entre 2009 et 2018, le Gabon a consacré 949 milliards FCFA aux subventions des produits pétroliers dont 725 milliards FCFA entre 2011 et 2014 quand le cours moyen du baril était proche de 100 USD.
Une charge, devenue trop lourde pour le budget de l’Etat, nécessitait une reforme
En choisissant de supprimer son soutien aux prix de l’essence et du gas-oil, l’Etat a réalisé une économie annuelle de 203 milliards FCFA rien qu’en 2016 par rapport à 2012. A l’analyse, les économies réalisées par l’Etat se traduisent par ailleurs par une importante perte de pouvoir d’achat pour les citoyens.
« C’est pourquoi, tout en conservant le principe, il convient de reformer à nouveau le mécanisme de subvention des prix des hydrocarbures pour y introduire des mesures de soutien social au-delà d’un certain niveau de prix de l’essence et du gas-oil vendus à la pompe », relève l’analyste économique gabonais, Mays Mouissi
Proposition de réforme
Selon M. Mouissi, « la structure des prix du carburant en vigueur n’étant pas disponible au grand public, un tableau de progression des prix a été construit statistiquement sur la base d’hypothèses particulièrement favorables (dont 1 USD = 749,80 FCFA & coef. de corrélation = 0,8) ». Il en résulte donc selon lui, « qu’un litre d’essence coûterait plus de 800 FCFA avec un baril à 85$ ; tandis qu’un un litre de gas-oil coûterait plus de 800 FCFA avec un baril 90$ ».
Rétablir le mécanisme public de soutien aux prix de l’essence et du gasoil lorsque le seuil de 800 FCFA le litre est atteint à la pompe.
Pour M. Mouissi, « Un litre d’essence/gasoil à plus de 800 FCFA serait difficilement acceptable pour les populations en raison de l’inflation liée. Pour ce faire, il convient de » rétablir le mécanisme public de soutien aux prix de l’essence et du gas-oil lorsque le seuil de 800 FCFA le litre est atteint à la pompe ».
Avantages de la réforme
De l’avis de M. Mouissi, « Le litre à 800 FCFA, deviendrait ainsi le prix maximum de l’essence et du gas-oil à la pompe au Gabon. Avantage de la réforme : doter l’Etat d’un mécanisme d’intervention social ayant un impact fort sur la maîtrise de l’inflation ». Il boucle cette analyse en affirmant qu’il s’agit d’une réforme peu chère, car n’étant applicable qu’en des circonstances exceptionnelles.





























