Si les données bilantielles des banques montrent des signes d’amélioration, il n’en est pas de même pour les créances en souffrance.
Car, à l’exception de la RCA, l’ensemble des pays de la CEMAC ont enregistré une nette dégradation de la qualité de leurs portefeuilles de crédit en 2018. Les créances en souffrance représentaient ainsi 21,2 % des créances brutes à fin 2018, contre 17,1 %, à fin 2016.
Les banques ont par ailleurs réduit leur niveau moyen de provisionnement (même si l’encours de provisions nettes pour risques augmente entre 2017 et 2018), faisant ainsi bondir le taux net de créances en souffrance de 7,9 % à 11,1 % sur la période.
Les conséquences de la fragilisation des équilibres budgétaires des États continuent de se faire ressentir dans les portefeuilles de crédit des banques, avec un effet retard habituel.
Ce mécanisme de transmission au secteur bancaire est maintenant bien connu et peut se résumer ainsi : du fait de la chute des revenus pétroliers, les Trésors publics ont vu leurs ressources fortement baisser, entraînant des arriérés de paiement de leur part et la mise à l’arrêt de nombreux projets avec les entreprises du secteur privé (affectant notamment les secteurs pétroliers, des bâtiments et travaux publics et de l’hôtellerie) ; par contrecoup, celles-ci font dorénavant face à d’importantes difficultés pour honorer leurs créances auprès du système bancaire.





























