Les économies des pays d’Afrique centrale se caractérisent généralement par une faible diversification horizontale de leur base productive.
Dans ce cadre, la gamme de bien produits et exportés est réduite, les matières premières brutes ou faiblement transformées d’origine agricole, sylvicole et surtout extractive représentant la quasi-totalité des exportations de la zone.
La part des hydrocarbures dans les exportations s’élevait à 64 % en 2017 à l’échelle de la CEMAC et atteignait même 83,4 % en Guinée équatoriale. Avec dix produits d’exportation enregistrés en 2018, le Cameroun occupe le premier rang de la zone en termes de diversification.
Quelques pays ont des spécificités notables : l’absence de ressources pétrolières en RCA, le gaz en Guinée équatoriale, le manganèse au Gabon, la gomme arabique au Tchad, des ressources minières diverses en RDC, l’aluminium au Cameroun.
La nature des produits exportés n’a évolué que marginalement depuis les années 1990, en dépit de discours politiques volontaristes. Les faibles variations du niveau de diversification sont en outre fortement corrélées à la production pétrolière (découverte de nouveaux gisements) et à la conjoncture mondiale du secteur (chute des cours).
Les pays de la CEMAC et la RDC sont également caractérisés par un faible développement de leur tissu industriel, comme en témoigne la part modeste d’articles manufacturés dans les exportations (22 % en 2017, contre 85,3 % des exportations mondiales et 45,7 % des exportations des pays d’Afrique subsaharienne).
Les analyses statistiques ne révèlent aucune dynamique de « sophistication » en cours. Cette absence de diversification verticale (transformation des produits bruts en produits semi-finis et finis) freine le dégagement de marges importantes liées à l’exportation de produits transformés et renforce la dépendance des pays à l’évolution des cours des matières premières. D’autre part, elle les contraint à importer de nombreux produits à plus haute valeur ajoutée, ce qui pèse sur leur balance commerciale.
La spécialisation économique des pays d’Afrique centrale n’est donc pas fondée sur des produits avantageux qui permettent de dégager une marge importante mais plutôt sur des secteurs d’activité primaires.
Lesquels les exposent à une forte vulnérabilité, d’autant plus que cette spécialisation conduit à un degré d’ouverture des économies largement supérieur à la moyenne mondiale, ce qui accentue encore leur fragilité face aux chocs externes.
Enfin, l’absence de diversification et la prééminence du secteur informel astreignent la plupart des États à une forte dépendance vis-à-vis des recettes pétrolières (jusqu’à 73 % des recettes totales des pays de la CEMAC en 2008), elles-mêmes sujettes à l’évolution des cours du pétrole.
Alexandre Le-grand































