Selon bon nombre d’observateurs, la Chine vient de réaliser un sérieux saut en avant sur le continent, indique un document de la Banque mondiale parvenu à notre rédaction.
En effet, l’histoire de la Chine en Afrique est peut-être de plus en plus familière, mais sa complexité ne saurait être exagérée. Alors que la croissance intérieure de la Chine commençait à s’accélérer à la fin du siècle dernier, la demande de ressources naturelles et la création d’emplois ont obligé la Chine à chercher des marchés à l’étranger. L’Afrique était un partenaire volontaire, en raison de son abondance de produits de base et de son besoin de développement d’infrastructures.
Le rôle de la Chine sur le continent africain a été défini par le financement de plus de 3 000 projets d’infrastructure, en grande partie critiques, selon le projet AidData. En effet, ‘’l’Empire du milieu’’ a consenti plus de 86 milliards de dollars de prêts commerciaux aux gouvernements africains et à des entités appartenant à l’État entre 2000 et 2014, soit une moyenne d’environ 6 milliards de dollars par an.
En 2015, lors du sixième Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), le Président Xi Jinping a promis 60 milliards de dollars de prêts commerciaux à la région, ce qui porterait les prêts à au moins 20 milliards de dollars par an si cette promesse était remplie.
En conséquence, selon Foresight Africa 2018, la Chine est devenue le principal créancier de la région, représentant 14 % du stock total de la dette de l’Afrique subsaharienne.
Au Kenya, par exemple, le volume des prêts chinois au gouvernement est six fois plus important celle de la France, deuxième créancier du pays. Le FOCAC qui se tiendra à Beijing plus tard cette année devrait poursuivre cette tendance à l’octroi de prêts commerciaux pour des projets d’infrastructure.
Alors que le niveau des investissements directs étrangers (IDE) en Chine est relativement faible, représentant un peu plus de 5 % du total des entrées d’IDE dans la région en 2015, les échanges bilatéraux ont été multipliés par 40 au cours des 20 dernières années et dépassent maintenant les 200 milliards de dollars.
Plus récemment, l’investissement privé chinois a connu une poussée fulgurante, associée à un engagement continu mais plus limité de la part de l’État. Une étude menée en 2017 par McKinsey indique qu’il existe aujourd’hui plus de 10 000 entreprises sous contrôle chinois en Afrique, dont environ un tiers dans le secteur manufacturier.
L’universitaire français Thierry PAIRAULT souligne notamment que la très grande majorité de ces entreprises sont des micro et petites entreprises. McKinsey indique également que les investissements chinois en Afrique contribuent de plus en plus à la création d’emplois, au développement des compétences et au transfert de nouvelles technologies, pratiques plus généralement associées aux normes commerciales occidentales.































