Une équipe du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Édouard Martin a effectué une mission virtuelle en République centrafricaine, du 28 septembre au 9 octobre 2020.
Cette mission avait pour but d’animer les discussions dans le cadre des première et deuxième revues, du programme de réforme économique du pays, soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC). Au terme de celle-ci, l’équipe du FMI s’est félicitée des progrès réalisés par les autorités dans la lutte contre la pandémie de Covid-19. « Alors que plus de 4 800 cas et 60 décès ont été enregistrés depuis que le premier cas a été confirmé en mars, le nombre de nouveaux cas et de décès semble avoir fortement diminué ces derniers mois. Nous espérons que cette amélioration sera durable. Cependant, il est important de rester vigilant, de continuer à appliquer des mesures de distanciation sociale et d’être prêt à mettre en œuvre des mesures supplémentaires, le cas échéant. Dans ce contexte, et si la situation sécuritaire reste fragile, la mission se félicite également des progrès réalisés dans la préparation des élections présidentielles et législatives de décembre prochain », a indiqué Édouard Martin.
En outre, la pandémie et les mesures visant à minimiser son impact sur la santé, combinées à la baisse de la demande extérieure, ont entraîné un ralentissement marqué de l’activité économique au premier semestre. Les secteurs les plus touchés étaient les transports, le tourisme, les hôtels et les secteurs miniers. Bien que le début d’une reprise semble en cours, l’activité économique devrait stagner en 2020 avant de croître d’environ 3½ pour cent en 2021.
L’inflation a considérablement augmenté au premier semestre, principalement en raison de la hausse des prix des denrées alimentaires résultant de la fermeture temporaire de la frontière avec le Cameroun. La correction à la baisse de ces prix enregistrée depuis juillet devrait se poursuivre, permettant à l’inflation moyenne de rester inférieure à 3% en 2020 et 2021.
Par ailleurs, en raison de l’impact du ralentissement économique sur les recettes publiques et des dépenses supplémentaires nécessaires pour lutter contre la pandémie, le déficit du budget primaire intérieur devrait être d’environ 6% du PIB cette année. Le déficit du compte courant devrait également se creuser à 6½% du PIB en 2020, contre 5% du PIB en 2019, principalement en raison de la faiblesse de la demande extérieure et des transferts privés, qui ne seraient que partiellement compensés par un appui budgétaire plus important et la baisse de la facture pétrolière.
En raison dans une large mesure de la pandémie, les autorités centrafricaines n’ont pas été en mesure d’atteindre tous les objectifs fixés dans le cadre du programme soutenu par la FEC. La plupart des critères de réalisation quantitatifs n’ont pas pu être remplis et des retards importants ont été enregistrés dans la mise en œuvre des réformes structurelles.
Les autorités centrafricaines et les services du FMI ont convenu que les principaux objectifs du programme, tels que le maintien de la stabilité macroéconomique et de la viabilité de la dette et le rétablissement d’une croissance durable et inclusive, restent au cœur des efforts du gouvernement pour restaurer une paix et une prospérité durables. Par conséquent, nous avons discuté d’un ensemble de politiques économiques et financières nécessaires à la conclusion des premier et deuxième examens dans le cadre de la FEC.
Des progrès notables ont également été accomplis dans la mise en œuvre de réformes structurelles retardées par la pandémie. Les discussions ont porté sur la maîtrise des dépenses non liées au covid-19, sur les paramètres du projet de loi de finances pour 2021 et sur les réformes structurelles à mettre en œuvre au cours des douze prochains mois. Nous avons convenu que ce dernier devrait viser à améliorer les recettes intérieures et l’efficacité des dépenses publiques, et à renforcer la gouvernance et le climat des affaires. Ces discussions se poursuivront au cours des prochains jours.






























