Au Congo, les perspectives économiques pour l’année 2023 suscitent un réel optimisme après la disgrâce économique liée à la pandémie de Covid – 19 ainsi qu’aux effets de la guerre en cours en Ukraine. Le résumé analytique de la conjoncture révèle un raffermissement de sa croissance de 4,0% en 2023 (4,0%) et 4,4% en 2024.
Cela, grâce à la reprise prévue dans le secteur pétrolier respectivement de 4,0% et 6,5%, sur fond de la mise en production du champ pétrolier Holmoni avec une capacité de production de 1,0 million de barils par an, et des travaux d’entretien des puits en vue de limiter le déclin de la production sur les champs matures.
Tandis que le secteur hors pétrole, avec un PIB qui croîtrait de 3,9% et 3,8% sur la période sous revue, devrait aussi soutenir le dynamisme de la croissance, en rapport avec la poursuite de la mise en œuvre du PND 2022-2026, l’exécution du Programme économique et financier, appuyé par la FEC du FMI, ainsi que la poursuite de la mise en œuvre de la matrice des actions du PREF-CEMAC.
Par ailleurs, les tensions inflationnistes demeureraient vives. Non à cause de la surchauffe de l’économie, mais plutôt en raison de la crise alimentaire mondiale, provoquée par l’enlisement du conflit entre la Russie et l’Ukraine qui ne cesse de perturber les chaînes d’approvisionnement en produits de base, rendant ainsi difficile le commerce mondial, d’autant plus que la structure des importations est composée principalement des produits alimentaires.
En effet, renseigne le document, le niveau général des prix à la consommation devrait bondir de 3,5% en 2023 avant de ralentir légèrement pour se situer à 3,2% en 2024. La baisse de cours du baril de pétrole attendue en 2023 devrait impacter négativement le niveau des recettes publiques qui reculeraient de 19,7%, entrainée principalement par l’effondrement des recettes pétrolières (-33,0%).
Ainsi, pour maintenir les équilibres budgétaires, les dépenses publiques, notamment celles liées aux subventions des produits pétroliers seraient drastiquement réduites, revenant de 311,0 milliards de FCFA en 2022 à 106,0 milliards de FCFA en 2023. Par conséquent, le solde primaire et les soldes budgétaires base engagements dons compris et hors dons demeureraient tous excédentaires.
Ces excédents budgétaires devraient tous se consolider en 2024, en lien avec l’augmentation des recettes pétrolières (+0,8%) et non pétrolières (+11,8%). En conséquence, l’encours de la dette attendu à 8 492,5 milliards de FCFA en 2023, soit 98,9% du PIB devrait baisser en 2024, pour ressortir à 8 392,7 milliards de FCFA, soit 92,4% du PIB.
Les échanges extérieurs se solderaient par un amoindrissement significatif de l’excédent du compte courant sur toute la période, revenant de 19,4% du PIB en 2022 à 2,9% du PIB en 2023, puis à 1,4% du PIB en 2024, sous l’effet essentiellement de l’amenuisement de l’excédent de la balance commerciale, suite au faible niveau des exportations pétrolières.
S’agissant enfin de la situation monétaire sur la période 2023-2024, elle se caractériserait par : un bond des avoirs extérieurs nets (54,8%) ; une hausse des avoirs intérieurs nets (4,7%) ; un accroissement de la masse monétaire (9,8%) ; et une hausse du niveau des réserves officielles brutes en mois d’importation, passant de 1,5 en 2022, à 2,1 en 2023 et à 2,7 en 2024.



















