L’analyse est de la Banque mondiale dans sa rétrospective de l’année 2018.
Pour Donna L. Barne et Divyanshi Wadhwa, auteurs de ce rapport, « alors que l’année 2018 s’achève, le taux d’extrême pauvreté dans le monde est à son niveau historique le plus bas, mais cette pauvreté devrait se concentrer de plus en plus dans une seule région ».
Les deux chercheurs indiquent par ailleurs qu’un nombre record de personnes ont été contraintes de quitter leur logement et un nouveau rapport phare confirme l’urgence de limiter le réchauffement climatique. Dans le même temps, l’innovation et les technologies disruptives contribuent à fournir de l’énergie propre à des millions de personnes et permettent à des centaines de millions d’individus d’accéder au système financier.
Dans le cas particulier du continent africain, ils soulignent que « l’extrême pauvreté est de plus en plus concentrée en Afrique subsaharienne. Car, poursuivent-ils, contrairement à ce que l’on observe dans la majeure partie du monde, le nombre d’habitants vivant dans l’extrême pauvreté a augmenté en Afrique subsaharienne, pour passer de 278 millions en 1990 à 413 millions en 2015 ».
En effet, Sur les 28 pays les plus pauvres du monde, 27 se trouvent en Afrique subsaharienne, et le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté y est supérieur à l’ensemble des autres régions réunies. Alors que l’Inde comptait jusqu’à présent le plus grand nombre d’habitants vivant dans l’extrême pauvreté, le Nigéria est sur le point de la dépasser, si ce n’est déjà fait.
Le taux moyen de pauvreté atteint environ 41 % en Afrique subsaharienne, contre moins de 13 % dans les autres régions du monde. Selon le Rapport 2018 sur la pauvreté et la prospérité partagée (voir encadré), cette situation s’explique par des taux de croissance plus faibles, des problèmes dus aux conflits et à la fragilité des institutions et une incapacité à tirer parti de la croissance pour réduire la pauvreté.
Encadré
En Afrique subsaharienne, un tiers des pays de la région ont connu une croissance négative des revenus des 40 % de population les plus pauvres. Abritant le plus grand nombre de personnes en situation d’extrême pauvreté, l’Afrique a vu sa population presque multipliée par deux entre 1990 et 2015. L’une des plus importantes augmentations a été enregistrée dans la population vivant avec moins de 3,20 dollars mais plus de 1,90 dollar par jour pour vivre.
Les pauvres ont souffert de multiples privations, notamment de niveaux de consommation faibles et d’un manque d’accès à des services d’éducation et des services d’infrastructure de base.






























