Les réserves brutes de change de la BEAC ont observé une nette hausse en 2019. Elles ont fortement progressé, de près de 17 %, pour atteindre 4 443 milliards fin 2019.
En mois d’importations des biens et services, elles sont passées de 2,87 à 3,22. Cette évolution s’explique essentiellement par les décaissements des appuis budgétaires et des emprunts reçus par les États de la CEMAC, l’application effective de la réglementation de change (dont les efforts de rapatriement des recettes d’exportation) et par les mesures d’ajustement budgétaires qui se sont traduites par une faible progression des importations (+ 4 % en 2019, comme en 2018). Le taux de couverture extérieure de la monnaie a quant à lui progressé entre 2018 et 2019, passant de 61,03 à 67,22 %.
D’après la BEAC, à fin 2020, les réserves de change devraient revenir autour de 3 mois d’importations des biens et services, en raison de la baisse du prix du pétrole. Toutefois, si cette baisse des prix était moins forte qu’attendu, le niveau des réserves de change pourrait finalement s’établir autour de 3,5 mois d’importations des biens et services, sachant que ces réserves s’élevaient, en brut, à 4 949 milliards fin mai 2020, avant de baisser à 4 596 milliards fin juillet 2020.
La nouvelle réglementation des changes, et surtout son application plus stricte, a incité les banques à réduire leurs avoirs extérieurs au profit de la Banque centrale
Depuis l’entrée en vigueur du règlement n°02/18/CEMAC/UMAC/CM du 21 décembre 2018 portant réglementation des changes dans la CEMAC et de ses textes subséquents, le respect des règles de rapatriement de devises entre la CEMAC et l’étranger s’est fortement amélioré. Et ce, grâce à un meilleur suivi par la BEAC de l’application des dispositions dudit règlement par les assujettis. Dès son entrée en vigueur, la BEAC a développé un système interne de reporting quotidien de suivi des obligations des assujettis en matière de rapatriement et de rétrocession des devises.
Ce dispositif demeure néanmoins en cours d’amélioration avec le développement d’une application dédiée au traitement des transferts et au suivi du respect des dispositions de la réglementation des changes. Toutes les violations aux dispositions réglementaires révélées, notamment celles relatives aux obligations de rapatriements et de rétrocessions, sont sanctionnées par la BEAC.
Cela se traduit par une forte hausse des rétrocessions de devises à la BEAC en provenance des banques, qui atteignent 6 201 milliards en 2019, contre 3 277 milliards l’année précédente, soit une hausse d’environ 89 %. Cette tendance s’est poursuivie sur le premier semestre 2020. En effet, ces rétrocessions se chiffrent globalement à 4 182 milliards à fin juin 2020, soit près de deux fois les rétrocessions reçues à période comparable en 2019 (2 167 milliards). Ce niveau représente 127 % du total des rétrocessions de 2018 et 67 % du total des rétrocessions de 2019.





























