Pour sortir le marché pétrolier de l’impasse provoquée par la pandémie du Covid – 19, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) déploie une intense activité depuis le début de cette pandémie. L’enjeu principal étant de trouver des voies et moyens conduisant à la stabilisation du marché.
En l’espace de deux semaines, dans un contexte marqué par les aléas du marché consécutifs à la crise sanitaire de la covid-19, les ministres du pétrole de cette organisation intergouvernementale se sont réunis à deux reprises. Le ministre gabonais du Pétrole, Vincent de Paul Massassa a pris part à tous ces rendez-vous. Preuve du respect par le pays, de ses engagements internationaux.
S’accorder sur une baisse de la production
De ces rencontres, il en ressort que : ‘’les restrictions imposées par cette pandémie ont en effet entrainé une chute vertigineuse des cours du brut. Le baril qui se négociait autour de 100 dollars est descendu jusqu’à 20 dollars au mois d’avril 2020. Cela faisait 17 ans que le prix du baril n’avait pas été aussi bas’’.
Une situation qui a amené les pays membres de l’Opep et leurs alliés, notamment la Russie, à multiplier des réunions afin de trouver des voies et moyens conduisant à la stabilisation du marché pétrolier. En outre, ‘’la baisse de la demande consécutive aux effets induits de la covid-19 ayant provoqué une surproduction, il fallait donc trouver un accord pour baisser de façon considérable la production pétrolière. Ce qui fut fait le 12 avril 2020 avec l’historique Déclaration de Coopération’’.
Fort de cette situation, ‘’l’Opep et ses alliés se sont accordés sur une réduction de 9,7 millions de barils par jour, durant les mois de mai et juin. Résolution a ainsi été prise pour que chaque pays baisse sa production journalière de 23%. Cette résolution a très vite prouvé son efficacité, car le prix du baril qui était déjà en deçà de la barre de 20 dollars est vite remonté au mois de mai et se trouve aujourd’hui au-delà de 40 dollars’’.
Le Gabon respectueux de ses engagements
Lors de la réunion du 6 juin dernier, le ministre du Pétrole, Vincent de Paul Massassa a réaffirmé la volonté du Gabon à jouer sa partition dans le respect de la Déclaration de coopération. Une décision que certains observateurs du marché pétrolier international avaient trouvé d’inique. ‘’Ce, au moment où enfle une polémique sur les Etats qui n’auraient pas respecté leur engagement pour le mois de mai’’, avaient-ils mis en avant.
Avant de s’interroger sur ‘’la demande d’une réduction de 23% à tous les pays de l’Opep, quand on sait qu’il y a dans l’organisation des pays comme l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou l’Irak qui produisent des dizaines de millions de barils par jour, comparativement au Gabon et au Congo, pour ne citer que ces deux exemples, dont la production oscille respectivement autour de 200 000 et 300 000 barils par jour’’.
De plus, ‘’des informations inhérentes aux écarts constatés durant le mois de mai révèlent que deux seulement, sur la dizaine de pays que compte l’Organisation ont pu respecter de façon stricte les quotas imposés. Certains pays ont même multiplié par deux, par trois voire par quatre leur production, alors qu’il était question de la réduire. Et le Gabon ne se retrouve dans aucun des cas que nous venons de citer. Mais c’est, hélas, l’écart moins considérable du Gabon qui fait grand bruit. Et seuls ceux qui participent à cette campagne visant à ternir l’image de notre pays sur la scène internationale en connaissent les motivations’’, indique-t-on.
Le ver serait-il dans le fruit ?
Autre détails. ‘’Les informations collectées au ministère du Pétrole font état de ce que les chiffres brandis actuellement pour justifier le dépassement du quota n’ont pas été communiqués par l’administration. Et pour cause, cette dernière est encore en phase de traitement et de consolidation des chiffres communiqués par les opérateurs afin d’avoir la production du mois de mai’’.
Une disposition qui suscite des interrogations au niveau du ministère de sur les réels motifs de cette confusion. ‘’On se demande bien quels esprits malins s’amusent à communiquer des données non conformes à celles que détiennent aujourd’hui l’administration des hydrocarbures. Une situation que l’administration se doit de tirer au clair, afin de démasquer les apprentis sorciers qui pensent que leurs intérêts sont au-dessus de ceux de tout un Etat’’.
Au demeurant, ‘’même si des écarts sont constatés quant aux quotas de production imposés par la Déclaration de Coopération, le Gabon tout comme d’autres Etats devra, selon une source au ministère du Pétrole, compenser cela en prolongeant son engagement sur deux ou trois mois. Cela, sans que cela n’ait un impact pernicieux sur leurs revenus, comme le prédisent les Cassandres des temps modernes’’.






























