En réponse à une demande des autorités tchadiennes, une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Edward Gemayel a tenu des réunions virtuelles du 3 au 14 décembre 2020 et le 25 janvier 2021, afin de discuter du soutien financier du FMI au programme de réforme économique des autorités.
De cette mission l’on peut retenir un certain nombre d’observations faites par le FMI. En effet, les services du FMI ont achevé des discussions politiques avec les autorités sur un nouveau programme à moyen terme qui pourrait être soutenu par des ressources du FMI d’environ 560 millions de dollars au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la Facilité élargie du Fonds (FEP).
Par ailleurs, a indiqué Edward Gemayel « Le Tchad continue de faire face à de sérieux défis dus aux chocs combinés de la pandémie de Covid-19, aux termes de l’échange, au changement climatique et à l’insécurité régionale accrue. La baisse des prix du pétrole et de la production pétrolière, ainsi que les mesures de confinement nationales pèsent sur les perspectives et ont des effets économiques et sociaux négatifs importants. En 2020, l’activité non pétrolière devrait se contracter de 1,7%, le secteur bancaire a été tendu, la production pétrolière aurait augmenté à un rythme modéré (2,4%) et l’inflation annuelle moyenne a augmenté à 4,5% par rapport aux niveaux négatifs en 2019. Les deux décaissements au titre de la facilité de crédit rapide (FCR) en avril et en juillet ont contribué à combler le déficit de financement extérieur de 2020, même si d’importants besoins de financement budgétaire et extérieur subsistent à moyen terme ».
Selon Edward Gemayel, « Le programme à moyen terme des autorités est axé sur des réformes ambitieuses visant à soutenir la reprise post-Covid et la réduction de la pauvreté, ainsi que le rétablissement de la viabilité de la dette. En particulier, il comprend un ensemble de réformes visant à augmenter les recettes non pétrolières, à allouer des ressources adéquates aux secteurs sociaux et aux investissements publics, à renforcer le secteur bancaire, à promouvoir l’accès à une énergie verte et moins chère, et à améliorer la gouvernance, la transparence de la dette et les affaires. Les autorités ont renouvelé leur engagement en faveur de ces réformes, y compris pendant la période électorale présidentielle et législative de 2021. Elles prévoient que le soutien financier du FMI contribuera à catalyser un soutien financier substantiel de la part des partenaires de développement et un allégement de la dette des créanciers ».
En outre, la politique budgétaire, appuyée par l’assistance technique du FMI et d’autres donateurs visera à restaurer la viabilité de la dette, à soutenir la reprise post-Covid et à renforcer la résilience. La mobilisation continue des recettes intérieures combinée à la discipline budgétaire devrait réduire la dépendance budgétaire vis-à-vis des recettes pétrolières et libérer certaines ressources qui seront affectées à des investissements efficaces et à des dépenses sociales. Outre les efforts d’assainissement budgétaire envisagés dans le cadre du programme, les autorités tchadiennes ont formulé une demande officielle de restructuration de leur dette extérieure dans le cadre du cadre commun de restructuration de la dette du G20, qui contribuera à restaurer la viabilité de la dette.
Quant aux réformes du secteur financier, elles viseront à garantir que le secteur bancaire reste résilient face à la pandémie et est capable de financer les activités nationales et de renforcer l’inclusion financière à moyen terme. Dans ce contexte, la poursuite du remboursement en temps voulu des dettes publiques envers les banques et l’apurement des arriérés intérieurs dans le cadre de la stratégie d’apurement des arriérés du gouvernement contribuera à améliorer la position de liquidité du système bancaire. À moyen terme, les réformes se concentreront sur l’amélioration de l’accès aux services financiers et le renforcement de l’inclusion financière en encourageant la création d’institutions de microfinance solides et sûres.
Sur un tout autre pal, les réformes visant à renforcer la gouvernance, à améliorer la transparence et à améliorer le climat des affaires seront des éléments centraux du programme et sont essentielles pour promouvoir la croissance économique et l’utilisation efficace des ressources publiques. Les autorités se sont engagées à renforcer les efforts de lutte contre la corruption grâce à la mise en œuvre d’exigences complètes de déclaration de patrimoine pour les fonctionnaires et au renforcement des organes de lutte contre la corruption. Les engagements en matière de transparence, y compris la publication de rapports d’audit et la mise en place d’une obligation de publier les marchés publics, y compris la propriété effective des entités juridiques attribuées, aideront à prévenir la mauvaise allocation des fonds et à améliorer la bonne gouvernance et la qualité des marchés publics.






























