Le retard de pénétration de la téléphonie mobile apparaît être une des principales explications au retard de l’Afrique centrale dans le déploiement du mobile money.
Alors que le taux de pénétration de la téléphonie était de 72 % en moyenne pour l’Afrique subsaharienne en 2017 selon la Banque mondiale, il n’était que de 25 % en Centrafrique et de 43 % au Tchad et au Congo. La taille réduite du marché a également pu être un facteur de moindre intérêt porté par les opérateurs expliquant la taille réduite du réseau de partenaires commerciaux des opérateurs.
La règlementation représente également une problématique majeure pour le développement de cette technologie. La question de la multiplicité des régulations de cette activité au croisement entre les services de téléphonies et l’activité bancaire se pose, mais en la matière, la zone CEMAC ne semble pas afficher un niveau de contrainte règlementaire plus important que dans les autres régions. Aucune taxe spécifique ne pèse sur l’activité.
L’obligation pour les opérateurs de construire une offre en partenariat avec un établissement bancaire pouvait en ralentir le déploiement mais cette disposition, introduite en 2011, a été modifiée par la dernière réglementation parue en décembre 2018. La principale limite porte sur l’interdiction faite aux opérateurs de fournir un service de transferts internationaux.
Seuls les transferts entrants sont aujourd’hui autorisés, mais les transferts sortants restent la prérogative des banques et des sociétés de transfert d’argent (Western Union, MoneyGram, etc.). L’obligation de provisionner l’ensemble des fonds de monnaie électronique au sein d’une banque partenaire, maintenue dans la réglementation de 2018, répond à l’objectif de la BEAC de réguler l’émission de la monnaie d’une part et de garantir les dépôts d’autre part.
Enfin, les passerelles entre acteurs sont en cours de réalisation : Orange et MTN développent l’interopérabilité de leurs services à travers la plateforme Mowali, de même que Groupement interbancaire monétique de l’Afrique centrale (GIMAC).
Cette interopérabilité, en réduisant les coûts et en facilitant le déploiement de services associés, pourrait rendre le service plus attractif. L’opérateur kenyan, M-pesa, exemple de succès, n’a pour sa part pas fait face à cette problématique, car il a déployé son service en position de quasi-monopole.





























