Le tourisme demeure sous-exploité par les pays d’Afrique centrale, en dépit du potentiel estimé pour les économies nationales.
Selon un rapport de la Direction générale de Trésor en France, si le continent africain accueille 5% des flux touristiques mondiaux, la zone d’Afrique Centrale reste à l’écart, et ne représente que 5% des flux touristiques sur le continent africain. La part du tourisme dans le PIB des pays de la zone est en moyenne de 4% (en excluant Sao-Tomé et Principe, dans lequel le tourisme représente 24% du PIB).
Cette part s’est progressivement érodée du fait notamment de la dégradation de la situation sécuritaire régionale : le Tchad, la Centrafrique, la République démocratique du Congo ainsi que le Nord, la région Nord-Ouest Sud-Ouest et l’Est du Cameroun sont des territoires déconseillés au déplacement sauf pour raisons impératives (par ailleurs, la comptabilisation d’activités touristiques sur ces territoires est biaisée par l’utilisation de visas touristiques pour motif humanitaire).
De plus, la politique des visas touristiques est relativement rigide dans certains pays de la zone, en raison du principe de réciprocité et de crainte de mouvements migratoires incontrôlés. Quelques avancées ont été observées en matière d’intégration régionale avec davantage de libertés dans la circulation des personnes, mais la politique d’investissement dans le secteur reste néanmoins peu incitative, au regard du contexte actuel.
La crise de la Covid a ajouté aux difficultés du secteur, d’abord par l’arrêt brutal des flux aériens, ensuite par la baisse des transports domestiques dans la zone au premier semestre, les confinements ou couvre-feu dans certains pays. Ceci a provoqué une baisse brutale des revenus des acteurs du secteur, mettant en péril leurs activités.
En conséquence, une baisse des arrivées touristiques de 58 à 78% est prévue pour l’année 2020 par rapport à 2018 où elles atteignaient 1,8 million sur l’ensemble Cameroun – Gabon – République du Congo. La perte de recettes est quant à elle estimée serait de 100 à 200 M EUR sur la zone considérée.





























