Réuni le 05 décembre dernier, le bureau exécutif de la Confédération patronale gabonaise (CPG), n’a pas caché ses inquiétudes quant aux méthodes de travail de l’Agence gabonaise de normalisation (Aganor).
Interrogé par la presse sur la situation des entreprises gabonaises, en prélude de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), et notamment du principe des contrôles de conformité aux normes à tous les produits entrant et sortant du pays, le président de la CPG, Alain Bâ Oumar a émis quelques réserves sur la méthode ainsi que sur le dispositif dont dispose l’Aganor pour ses contrôles.
Sur le dispositif technique M. Bâ Oumar, a déploré le fait que l’Aganor ne puisse pas disposer d’un laboratoire localement. Selon lui, ce détail constitue un handicap majeur pour son fonctionnement. «Ce qui nous pose problème c’est que l’Aganor n’a pas de laboratoires localement. Son action repose sur des mandataires internationaux, qui font des contrôles et des analyses à l’étranger ». Un facteur qui, selon le président de la CPG, amène cette administration à dépendre étroitement des commissions venant des mandataires extérieurs.
S’appuyant sur la mise en œuvre prochaine de la ZLECAF, M. Bâ Oumar s’est interrogé l’efficacité de l’Aganor en l’absence d’un laboratoire d’analyse. « Lorsqu’on parle de la Zone de libre-échange, comment allez-vous contrôler de la marchandise qui vient par exemple du Cameroun ou du Sénégal si vous n’avez pas de laboratoires au Gabon, si vous ne faites aucun effort pour vous doter de ces laboratoires ? Donc, il faut que l’Aganor cesse de vivre sur une sorte de rente basée sur des commissions qui viennent de ces mandataires ».
Sur le point l’expertise, la CPG se veut également critique. Et de ce fait, elle appelle à une valorisation des compétences et de l’expertise locales. « Il faut que l’Aganor se mette au travail pour débloquer la compétence locale. Ce qui leur permettra de faire de vraies analyses au lieu de se reposer sur des mandataires légaux qui encaissent de l’argent et créent de l’emploi à l’étranger. Nous voulons que les employés de l’Aganor puissent être valorisés à travers la mise en place de laboratoires locaux », a préconisé le patron de laCPG. Avant d’appeler
Selon lui, « Ces compétences recherchées à l’étranger, l’Aganor peut les trouver chez son propre personnel. L’Aganor dispose d’un certain nombre d’employés, à notre avis, sous-utilisés, sousvalorisés et qui gagneraient à être dotés de compétences qu’ils n’ont pas aujourd’hui pour pouvoir effectuer ces contrôles en interne. Donc, le problème avec l’Aganor est plus à ce niveau et non dans la norme ».
L’absence des normes locales constitue également un handicap de la structure, selon le président de la CPG. « Il y a un deuxième volet, c’est que les normes sont reprises des normes étrangères. S’agissant des masques par exemple, les normes qui ont été arrêtées viennent de l’Association française de normalisation (l’Afnor). Donc, quelle est la réelle valeur ajoutée à prendre une norme étrangère, la « gaboniser » et dire qu’on va désormais faire la police pour contrôler le respect de ces normes ? Pourquoi ne pas tout simplement reconnaitre cette norme qui vient de l’Union européenne, ou d’ailleurs et ajouter à ces normes importées, des normes spécifiquement gabonaises pour les produits locaux qui sont spécifiques à notre pays ».
En conclusion, déplore M. Bâ Oumar, non seulement l’Aganor enregistre des pertes d’argent, elle fait également du plagiat des normes étrangères pour les appliquer au Gabon. « Quel est l’intérêt de contrôler un iPhone au Gabon ? Pourra-t-on mieux le contrôler que les institutions normatives européennes ou américaines ? Non, je ne pense pas », fustige enfin, le président du patronat gabonais.





























