Historiquement, l’économie du Gabon était très largement dépendante de l’exploitation de ses ressources naturelles : pétrole, minerai, uranium.
Cette prédominance prévaut encore aujourd’hui mais à un degré moindre. En effet, entre 2010 et 2014, le secteur pétrolier a représenté, en moyenne, 80 % des exportations, 45 % du PIB et 60 % des recettes budgétaires.
Conscient des limites d’une économie dépendante de ses ressources naturelles (exploitées par de grands groupes étrangers), le président Ali Bongo a présenté un « Plan stratégique Gabon émergent » dans le cadre de son accession au pouvoir en 2009.
Axé autour de trois piliers (Gabon vert, Gabon industriel, Gabon des services), la mise en œuvre de ce plan reposait sur un fort développement de l’investissement public. Ainsi, les dépenses d’investissement, qui s’établissaient à 5 % en 2008, ont augmenté à 15 % du PIB entre 2010 et 2012, principalement dirigées vers le secteur des travaux publics et des infrastructures énergétiques.
La brutale chute des cours du pétrole en 2014 a entraîné une rapide dégradation des comptes publics gabonais : baisse des recettes issues du pétrole (450 Mds XAF en 2016, contre 1.400 MdsXAF en 2014), dette publique passant de 44,7% du PIB en 2015 à 64,2% en 2016, apparition d’un déficit public pour la 1ère fois depuis 1998, diminution des réserves de changes.
L’ampleur de cet impact souligne la vulnérabilité d’un modèle économique ancré, depuis plus d’un demi-siècle, autour de l’industrie pétrolière.
D’importants investissements dans l’industrie agroalimentaire (principalement le fait d’Olam, groupe détenu par le fonds souverain singapourien, qui a investi près de 2 Mds € depuis 2010) ont été réalisés, notamment dans la culture du palmier à huile et de l’hévéa.
L’interdiction d’exporter des grumes en 2009 (et la création concomitante d’une zone franche consacrée à l’industrie du bois) s’inscrit également dans ce mouvement de diversification et de valorisation des ressources. Toutefois, ces actions ne sont pas encore de nature à amortir le choc subi par le secteur pétrolier.






























