L’entretien portait sur le rôle des banques dans le soutien au développement industriel et des infrastructures en Afrique. Occasion pour lui donc d’évoquer l’incidence de la crise du Covid sur le marché bancaire gabonais.
Dans sa lecture, Henri-Claude Oyima fait savoir que la crise du Covid a « définitivement contraint les banques à faire preuve d’agilité, de réactivité, d’efficacité, de rapidité et de flexibilité dans leurs organisations et stratégies pour l’avenir, visant à la fois à assurer la continuité des services et à répondre aux besoins des client ». Pour lui, les principales menaces que comportait cette pandémie portaient sur le risque de liquidité dû à des prêts non productifs et celui d’insolvabilité.
Malgré cette morosité, soutient-t-il, le secteur a rapidement montré des signes de résilience, notamment en termes de liquidité, et la banque centrale a été essentielle pour soutenir l’économie sur cette question.
« Alors que le monde se remet de la crise, il y a eu des signes positifs de reprise économique, et il sera nécessaire d’utiliser cette dynamique pour soutenir la croissance. À l’avenir, les banques devront travailler avec le gouvernement et soutenir des projets stratégiques qui peuvent stimuler la création d’emplois et ajouter de la valeur à l’économie », a appuyé Henri-Claude Oyima.
Avant de déplorer le faible taux de pénétration bancaire dans la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC). « La pénétration bancaire est relativement faible au Gabon et dans l’ensemble de la CEMAC », a regretté Henri-Claude Oyima.
Mais au-delà de cette contreperformance, le patron du Groupe BGFIBank préconise des pistes de solutions telles que la numérisation et d’outils innovants. « Des améliorations sont possibles, notamment en termes de numérisation des paiements et des processus. Si la bonne technologie est combinée avec des produits et des mécanismes qui répondent aux besoins de la population de la région – comme la microfinance – la pénétration augmentera. Cela stimulera à son tour l’inclusion financière, soutenue par une gamme croissante de produits bancaires et de services financiers qui s’adressent aux populations historiquement exclues du système bancaire traditionnel ».
A côté de ces outils techniques, Henri-Claude Oyima préconise en outre, le renforcement de la culture bancaire tout els gouvernement à jouer un rôle plus actif. Dans cadre, indique-t-il, « Pour que ces efforts soient couronnés de succès, il faudra changer les mentalités et mettre en place une stratégie numérique intégrée. Cela inclut le gouvernement, qui devrait poursuivre la mise en œuvre des initiatives d’administration en ligne et soutenir les paiements numériques dans ses agences et institutions ».
En effet, pour atténuer l’effet de la crise du Covid sur la solvabilité des banques, la Commission bancaire d’Afrique centrale (COBAC) a pris des mesures prudentielles temporaires qui devraient être en place jusqu’à la fin de 2021.
La COBAC procède actuellement à un examen des conditions sur la base de rapports ad hoc fournis par les banques sur le crédit et la liquidité et élabore une stratégie pour un retrait en douceur des mesures prudentielles.
En outre, les autorités sont déterminées à suivre l’évolution de la solvabilité et de la liquidité du secteur financier et à soutenir les efforts consentis par la COBAC pour renforcer la solidité et la conformité réglementaire du secteur bancaire.
Ainsi, elles actualiseront la stratégie de réduction des créances en souffrance en 2021, notamment en renforçant les capacités du système judiciaire, et achèveront la liquidation des trois banques publiques d’ici à la mi-2022.
Quant à l’inclusion financière nationale, bien qu’elle ait progressé, elle est encore faible. Seulement 34 % de la population gabonaise détient un compte dans un établissement financier. Un taux nettement inférieur à celui qu’affichent les pays à revenu comparable.
Dans ce cadre, les services du Fonds monétaire international (FMI) encouragent d’ailleurs les autorités à adopter une stratégie nationale d’inclusion financière conforme à la stratégie régionale, pour faciliter et améliorer l’accès au crédit et aux services de paiement.


















